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LinkedIn et Esprit Critique ? — Critique politique de l’autosatisfaction

Dernière mise à jour le 13 septembre 2021

J’écris cet article afin d’expliquer pourquoi l’Augure Critique, blog non marchand abordant des thématiques académiques et politiques, décide de s’installer dans le paysage de LinkedIn.

Cet article me permet aussi de développer la philosophie politique de l’Augure, et de proposer une alternative sur ce qu’on doit pouvoir trouver sur un réseau social professionnel et « sérieux » comme se revendique LinkedIn.

Sur le plan intellectuel, cet article peut être considéré comme la suite du Philo [Dé]Confinée n°4 : Les intellectuels [Des livres], qui traitait notamment du rôle de l’intellectuel dans notre société, et cherchait à dépasser l’opposition courante faite entre le professionnel spécialisé qui est dans le réel et le concret et l’intellectuel touche-à-tout qui est dans la spéculation et l’amateurisme.

Si le sujet vous intéresse, je vous recommande d’aller lire l’article ci-dessus avant de commencer à lire le présent article.

Critique de la critique du professionnel futile

Pourquoi LinkedIn est moins absurde qu’il n’y paraît ?

Cher réseau,

« J’ai l’honneur de vous annoncer le lancement de mon nouveau projet de communication digitale sur les réseaux sociaux de mon blog l’Augure […] »

« Dans le cadre de mon projet de blogging intermittent je voudrais solliciter votre aide pour aider à faire connaître mon blog l’Augure au plus grand nombre de collaborateurs […] »

« Je suis fier de vous annoncer qu’après un an d’existence, l’Augure lance sa propre page LinkedIn pour dialoguer avec sa communauté […] »

« Je remercie l’Augure pour m’avoir permis de m’épanouir et de développer mes compétences professionnelles et interpersonnelles […] »

Ces messages ont les a tous vu un nombre incalculable de fois, on a tous dû en rédiger au moins une fois pour se faire bien voir par notre recruteur, par notre école, par une entreprise, et plus généralement par notre réseau et par toute personne d’influence qui pourrait nous aider à devenir plus influent en retour.

Voilà comment j’aurais pu, ou peut-être aurais dû, présenter le projet de l’Augure sur LinkedIn.

Pour s’intégrer dans une communauté il vaut mieux, a minima, en intégrer les codes, et au mieux, se les approprier pour produire quelque chose de nouveau.

Cependant, l’objet de la candidature de ce projet, était précisément de briser les faux semblants.

Il s’agit pour moi autant d’affiner l’identité propre de l’Augure, que d’une stratégie de visibilité en me différenciant de la masse des contenus proposés.

Bien entendu, je pourrais considérer que tout ceux qui ont une approche hyper-classique vis-à-vis de LinkedIn sont des moutons, des personnalités sans âme, sauf moi bien sûr, sauf vous aussi, si vous likez, commenter et que vous vous abonnez à cette page.

Parce que NOUS, bien sûr, on aurait une bonne raison de le faire, on est bien intentionné et on est au-dessus de ça, c’est sûr qu’on est tellement différents des autres qui font probablement ça par hypocrisie ou qui se croient pertinents en publiant ce genre de commentaires …

Mais à la vérité, vous ne les connaissez pas, vous ne me connaissez pas, et d’ailleurs je ne vous connais pas.

Moi-même je me contenterais généralement de copier-coller ces Posts éculés, si jamais j’estimais que cela était nécessaire pour ma carrière et mes intérêts, et que je ne veuille pas pour autant y consacrer beaucoup de temps.

J’ai mieux à faire que de passer mon temps à garder les apparences, alors que je pourrais consacrer ce temps à bien faire mon travail ou même à faire n’importe quoi de plus divertissant et/ou de plus utile pour moi et/ou pour la société.

Et je suppose que c’est aussi le cas pour nombre d’entre vous, vous préférez faire votre travail que communiquer sur votre travail.

Ainsi, pourquoi je penserais que ce soit différent pour vous ? Pourquoi diable est-ce que je penserais que les gens se limitent à leurs posts LinkedIn ?

L’inlassable optimisme de LinkedIn

Que je me permette de critiquer la vanité et le caractère purement intéressé de l’usage de LinkedIn, paraît d’autant plus illégitime, que de l’autre côté des gens soi-disant sans âme parce qu’ils affichent leur vie professionnelle avec superficialité et font des post à la c**, il y a les crapules dans mon genre qui les critiquent pour avoir de la visibilité.

Pourtant, tant sur la forme que sur le fond, il est possible de critiquer objectivement les interactions LinkedIn, par leurs facultés lénifiantes à produire des truismes et du consensus mou, dont voici quelques exemples parmi les plus éloquents mais aussi les plus dérangeants :

  1. On peut se vanter d’avoir « une carrière qui a du sens », comme s’il était au contraire possible de dire que sa carrière n’a aucun sens…
  2. On peut se vanter d’avoir « rendu le monde meilleur », comme s’il était possible de dire que notre carrière ne fait qu’entretenir le monde tel qu’il est, voire qu’elle contribue à rendre le monde pire qu’il ne l’est.

Ce double-standard entre le succès — qui est valorisé aussi petit et misérable soit-il — et l’échec — qui est minimisé et transformé en succès futur quel que soit sa gravité — est permis par l’emploi de formules opérationnelles, c’est à dire des mots et des discours plus ou moins généraux, pour lesquels il est IMPOSSIBLE de dire son contraire sans que cela soit ABSURDE.

Cela va même parfois encore plus loin, lorsque le discours est construit de telle sorte que toute réaction ou critique négative à son encontre sera forcément perçu comme absurde sur le plan logique et/ou indigne sur le plan moral.

Ainsi, sur LinkedIn, par l’emploi de ces formules opérationnelles, on est toujours dans une posture visant à nous valoriser.

Voilà ce que je défini comme étant « l’inlassable optimisme de LinkedIn :

Une « auto-congratulation » constante, dans laquelle où l’on se vante incessamment d’avoir « réussi », comme si on pouvait raisonnablement se vanter au contraire d’avoir « échoué », si ce n’est pour relativiser, ou se gargariser d’un succès tiré de cet échec.

Pourtant, ce n’est pas tant le fait de se valoriser que je critique, je trouve même cela normal sur le plan personnel, légitime sur le plan professionnel et pertinent sur le plan citoyen, pour quiconque à l’ambition de s’élever, d’être reconnu et écouté, afin de se réaliser personnellement et professionnellement, et de défendre ses causes et ses convictions.

Ce que je critique fondamentalement, c’est la POSTURE inébranlable et immuable du succès, qui devient un postulat admis d’office, à partir duquel on peut dire qu’on a réussi, qu’on fait des efforts et que ce que l’on fait est génial, INDÉPENDAMMENT DES RÉSULTATS ET SANS AMBAGES.

Dit plus simplement, tout le monde peut et va se tenir dans cette posture du succès, ce qui va rendre plus difficile de hiérarchiser rationnellement ces succès !

Que vous ayez un peu ou beaucoup réussi, même si vous avez échoué, vous allez défendre vos mérites avec la même intensité que n’importe qui d’autre, dans les limites de vos compétences spécifiques à vous valoriser, bien plus que de votre succès effectif.

Aujourd’hui, même l’échec doit être valorisé.

Or, même s’il est vrai que l’on apprend souvent plus de ses erreurs que de ses réussites, nous sommes tous mielleux quand il s’agit de reconnaître que l’on a tort, et faisons de nos torts d’hier les réussites de demain.

Les effets pervers de ce système de valorisation absolu — qui tend à ignorer que la notion de succès est relative et contestable — sont nombreux, mais tiennent tous dans l’idée que bien expliquer et bien argumenter pourquoi on a réussi, aura toujours plus de valeur et d’impact que l’intensité effective de cette réussite.

Pour compenser ce manque de repères quantifiables pour mesurer la « réussite », que ce soit sur le plan individuel, professionnel ou citoyen ; la tentation de la surenchère rhétorique n’est jamais bien loin…

En effet, à regarder les posts, les projets et les carrières de chacun :

  1. Tous prétendent à l’excellence d’être plus compétents et performants que les autres.
  2. Tous prétendent à l’innovation d’être plus inventifs et novateurs que la masse.
  3. Tous prétendent à la vertu d’être plus utiles et bénéfiques à la société que la majorité.

Ainsi, chaque cause qui se croit bonne — c’est à dire toutes — doit crier encore plus haut et encore plus fort ses vertus pour être écoutée et valorisée.

Or, à force de présenter les choses comme excellentes, novatrices et vertueuses, tout sur la plateforme perd ces qualités, relativement à la masse de ces qualités exposées à tout va.

Sur LinkedIn, et c’est bien normal, personne n’est capable de mener une véritable autocritique sur son travail, personne n’est capable de dire qu’il n’est pas un exemple à suivre, pas plus que nous ne sommes capables de critiquer frontalement le travail d’autrui.

Dans l’ensemble, cette pacification du dialogue et des relations professionnelles est une bonne chose, elle donne à LinkedIn une respectabilité que beaucoup d’autres réseaux sociaux n’ont pas.

Cependant, je vois dans cette positivité totale, l’œuvre d’une dépolitisation du monde professionnel, qui refuse ou nie le conflit idéologique et social, ce qui entretient alors l’idée :

1. Que la conscience professionnelle serait incompatible avec la conscience politique, conflictuelle par nature.

2. Que la seule conscience politique qui soit est la conscience professionnelle, objective a priori.

3. Que la politique n’est au pire pas sérieuse, au mieux secondaire par rapport au travail, car « improductive et sans profit ».

Or, la contradiction que je souhaite exprimer sur l’Augure, est précisément que cette dépolitisation décrédibilise le monde professionnel, en le détachant toujours plus du monde social et réel dans lequel nous vivons.

La plupart des médias sont des boules de nerfs, des bulles de négativité, où un brin d’optimisme et de positivité ne fait jamais de mal (même si cette démarche est souvent — à tort ou à raison — critiquée pour sa naïveté et son angélisme).

LinkedIn fait tout le contraire : Toutes les carrières sont belles, toutes les initiatives sont bonnes, les premiers restent les premiers, et des derniers de cordées, à moins qu’ils soient d’une façon ou d’une autre auréolés de réussite, on n’en parle jamais.

Ainsi, dans ce bain d’ions positifs, l’Augure se revendique comme un électron libre de négativité dans la solution.

Pensez un jour que grâce à vous le monde en ordre et en progrès où chacun mérite sa place, l’Augure sera là pour vous rappeler la froide incurie du monde, de l’injustice ignorée plus que de la réussite affichée, de l’inconséquence crasse plus que de la science éclairée, de la convenance médiocre plus que de la saine impertinence.

La prétention sérieuse de l’Augure

A ce moment-là de ma réflexion, j’anticipe déjà la façon dont on pourrait « invalider » ou « mépriser » mon propos : en me renvoyant à la figure mes propres arguments.

Car, à vouloir voler au-dessus de la mêlée, l’Augure Critique ne semble que critiquer ceux qui critiquent.

En termes de communication, ça ne vole pas plus haut : Je fais ce que je dénonce, et je fais mon pain blanc sur le réseau social que je vilipende.

Pourtant, toute cette première partie « Critique de la critique du professionnel futile », avait précisément pour but de démontrer que cette situation est tout à fait normale sur LinkedIn, et même sur n’importe quel réseau social.

Forcément, je vais me valoriser et valoriser ce que j’aime.
Évidemment, je vais communiquer pour obtenir de la visibilité, et susciter de l’adhésion. Prestement, je vais dire que ma carrière/ mon projet à « un sens » et « change le monde ».

Ainsi, comme nous allons tous dire ces choses-là, comment nous différencier ?
Comment vous convaincre du bien-fondé de mon projet, quand au fond, je le sais bien, chacun va penser de même à propos de ses propres projets ?
Comment savoir qui a « des principes » sachant que tous vont prétendre en avoir ?

La solution que je vous propose, est de dépasser la (im)posture professionnelle et de transcender la prétention au sérieux.

La prétention sérieuse de l’Augure, est de démontrer qu’il est possible de dépasser sa condition de professionnel, forcément limitée aux « missions » qui nous seraient attribuées, en l’intellectualisant, c’est-à-dire en prenant conscience des causes qui déterminent cette condition et prenant la responsabilité des conséquences qu’engendrent cette condition.

Autrement dit, il s’agit de sortir de la posture individualiste (= qui signifie littéralement, le dualisme entre « moi » et « les autres », et les « autres » entre eux) du professionnel.

C’est en bref, distinguer prétendre et savoir, proposer et agir :

1. Il ne s’agit pas de savoir si quelqu’un pense positivement, mais de savoir comment et pourquoi on en est arrivé à penser de cette façon.

2. Il ne s’agit pas de savoir si vous aimez le travail en équipe, mais de savoir si la coopération est une valeur importante pour vous, et si vous la pratiquez au quotidien.

3. Il ne s’agit pas de savoir tirer des leçons de ses succès et ses échecs, mais d’apprendre du et enseigner à l’ensemble des composantes de la société chaque fois que c’est possible.

Voici, en substance, les prétentions de l’Augure Critique.

Ainsi que — dans les propos qui suivent — ses principes théoriques, philosophiques ; et sa justification rationnelle, éthique et intellectuelle, fondant les arguments et les compétences présents et en devenir, dont il tire la détermination et la légitimité de réaliser ses ambitions.

Penser : Prétention à la raison et à l’humilité

Cet article est une première assertion, mais aussi une mise en garde, à tous ceux qui se cachent encore et toujours dans la modération d’une opinion trop étriquée pour qu’elle mérite qu’on s’y intéresse et qu’on l’imite, et dans la posture de grands principes qu’ils n’ont jamais pris la peine d’étudier puis d’appliquer, avec finesse et dédication.

Comme nous allons le voir, c’est à travers cette définition que s’exprime les véritables « biens-pensants », dont la « bien-pensance » constitue en réalité une double faute de la pensée :

1. Se croire rationnel « naturellement », par autorité ou par légitimité « de droit ».
2. Se croire moralement supérieur sans explication, et donc juger sans comprendre.

Pour faire simple, cette double faute consiste à nier la raison et/ou les faits pour soutenir une opinion qui nous paraît « bonne » moralement ou légitime.

On pourrait ainsi distinguer la bien-pensance et la bonne pensée.

A. Qu’est-ce qu’une pensée libre et indépendante ?

Ceux-là ( = les biens-pensants), pensent que leur opinion individuelle est suffisante pour tous les sujets et que personne n’a à lui dire comment il pense : pourtant comme disait Descartes, « Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée : car chacun pense en être bien pourvu. » , fustigeant ainsi quiconque croyant avoir assez de jugeote par lui-même, sans jamais se fier au jugement des autres, et donc de la société.

Ils adhèrent aux idées comme on grimpe des escaliers, c’est à dire pour s’élever et sans jamais regarder en arrière. Ils sont capables 100 fois, 1000 fois, de donner raison aux arguments les plus pertinents, aux idées les plus grandes et les plus nobles, sans jamais rien changer à leur comportement.

Je n’utilise pas la comparaison avec un escalier sans raison, puisque cette mentalité est une sorte d’esprit d’escalier inversé où l’on cherche sans cesse à rester en haut de l’escalier, sans prendre la peine de descendre de temps en temps pour intégrer la contradiction et se remettre en question.

En quelque sorte, ceux-là s’arrangent toujours pour jouer « à domicile » et ne prennent jamais le risque de quitter le foyer.

Filant la métaphore, il s’agit donc d’un état d’esprit anti-sportif vis-à-vis de la raison et de la formation des opinions, et qui, à long terme, les amènent à vivre dans une demeure toujours plus éloignée du sol, comme reclus dans sa tour d’ivoire (càd dans ses dogmes et certitudes).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Esprit_de_l%27escalier (Esprit de l’escalier)

Avec une telle façon de penser, les idées et les principes qu’ils énoncent et acceptent ne les engagent jamais à rien : Il n’y a guère de cohérence entre leurs convictions et leurs actes, car ils ne se sont jamais donné la peine de les mettre en cohérence, au-delà de ce qui est nécessaire pour ne pas perdre la face.

Or, une telle conception du débat d’idées est en réalité en contradiction totale avec la pensée indépendante qu’ils prétendent avoir, puisqu’elle est en réalité déterminée par les meubles et les décorations du foyer, càd un socle de connaissances, de croyances et d’habitudes dont on ne fait jamais abstraction, qu’importe le débat d’idée et/ou le sujet de réflexion et qu’importe la façon dont il est présenté, tant sur le fond que sur la forme. ( = le meuble et la décoration).

De cette façon, on peut hiérarchiser l’opinion en 3 niveaux, de la plus extérieure à la plus intérieure, mais aussi comme étapes d’un processus de formation d’une opinion éclairée :

Niveau 1. Les opinions pré-construites (= meuble IKEA) :
Ces opinions sont entièrement le fruit de l’environnement, intégrées dans le foyer sans transformation ni touche personnelle, du moins sur le fond. Elles sont notamment nécessaires lorsque l’on ne peut pas se construire une opinion éclairée à partir de notre propre compétence et expérience.

Niveau 2. Les opinions « héréditaires » (= meubles reçut en don ou en héritage) :
Ces opinions sont également intégrées dans le foyer sans transformation, cependant, on entretient d’emblée un rapport personnel avec ces opinions, tant sur le fond que sur la forme.
Ces opinions sont dites « héréditaires » car, même si elles paraissent personnelles, elles sont en réalité l’héritage d’une société antérieure et latente que nous n’avons pas choisi.

Niveau 3 : Les opinions construites ( = les meubles « fait-maison ») :
Ces opinions sont entièrement personnelles, et ne peuvent être intégrées dans le foyer seulement parce que l’on possède les matériaux de l’environnement ET les compétences nécessaires pour construire le meuble. A ce stade, l’environnement et la pensée personnelle se complètent pour produire une opinion éclairée.

B. La bien-pensance ennemie de la pensée critique

NOTE IMPORTANTE : Dans cette sous-section, chaque fois que je parle de la raison, comme méthode pour construire des connaissances fiables, je parle aussi des faits et de la réalité factuelle, car la critique irrationnelle est toujours le fruit d’une ignorance, d’une déformation ou d’une contestation plus ou moins partielle et partiale de la réalité.

La critique de la « bien-pensance », peu importe par qui elle est formulée, et pour quelles (dé)raisons, porte toujours en elle une accusation et un jugement d’une pensée vicieuse.

Il s’agit toujours d’une critique de posture, en définissant une pensée à la fois comme dominante et sans fondement.

La « bien-pensance » serait un discours global conformiste et prescriptif, édictant et imposant la bonne façon de penser, qu’on doit alors accepter sans détour et sans remise en question.

Dans de telles conditions, il faudrait être soit idiot, soit corrompu, pour ne pas contester la bien-pensance en usant de son esprit critique.

Pourtant, à y regarder de plus près, la critique du discours bien-pensant ne se fait presque jamais sur le fond du discours en lui-même et presque toujours fondée sur les intentions et les conditions dans lesquelles sont énoncées ce discours.

On critiquera l’attitude arrogante ou assertive avec laquelle est énoncée la bien-pensance, on lui prêtera des intentions manipulatoires et/ou moralisatrices, on jugera son énonciateur comme étant lui-même biaisé, malhonnête et imbu de sa personne.

Par conséquent, trop souvent, la critique de la bien-pensance n’est pas une critique de raison.
C’est, au contraire, à la fois une attaque sur la forme, un procès d’intention et un argument ad hominem (et parfois même l’ad personam).

En un sens, une telle critique est caractéristique du « camp du bien », par opposition au « camp de la raison », car il s’agit de discréditer une pensée sous le prétexte qu’elle ne serait pas bonne moralement, ou, plus souvent, précisément parce qu’elle se présente comme bonne moralement ( = la critique du « politiquement correct »).

Dans cette conception, le juste et le raisonnable sont incompatibles, ainsi, la raison doit forcément être amorale ou immorale pour être bonne, et il est donc impossible d’avoir raison à la fois sur le plan moral et sur le plan de la raison.

C’est, en réalité, cette croyance cynique et irrationnelle en l’incompatibilité systématique entre la morale et la raison, qui constitue l’erreur fondamentale de la critique morale plus que rationnelle de la bien-pensance :

1. Un discours moral est jugé comme immoral s’il est considéré comme le fruit d’une
pensée irrationnelle ;
2. Un discours rationnel est jugé comme irrationnel s’il est considéré comme le fruit d’une pensée morale.

Ainsi, en définitive, la critique de la bien-pensance est souvent elle-même de la bien-pensance. Elle est un discours moralisateur porté sur une pensée jugée comme moralisatrice.
Elle est un discours irraisonné et non renseigné sur une pensée comprise comme irrationnelle et fausse.

En bref, c’est l’esprit critique sans la pensée critique (pour plus de détails voir cet excellent article de Cortecs : https://cortecs.org/publications-recherche/pensee-critique/) :

Pensée critique = esprit critique (attitudes) + ensemble de capacités (ou compétences) critiques

En plus des critères caractéristiques de la pensée critique décrites dans le tableau ci-dessus, et afin de boucler ce débat sur comment bien penser sans être bien pensant, il nous faut distinguer le grain légitime et fructueux du doute réfléchi, de l’ivraie arbitraire et nuisible de la réactance impulsive.

Le drame de l’esprit critique, tel que nous l’avons évoqué au début de cette section, est que tout le monde pense l’avoir de son côté, et que s’en revendiquer — même lorsque cette revendication n’est qu’une posture qui ne repose sur aucune preuve ni rien de concret — permet de disqualifier ses adversaires de cyniques dogmatiques, de fabulateurs utopiques, d’extrémistes fous, …

En effet, alors que je viens de démontrer que la critique de la bien-pensance constitue bien souvent la véritable bien-pensance, qu’est-ce qui empêche quelqu’un d’autre d’argumenter que le fait que je critique les critiques de la bien-pensance, est la preuve ultime que soit même un bien-pensant, ou au moins que je sois dans leur camp ?

Comment éviter que l’esprit critique ne soit qu’un miroir que l’on tend à l’autre pour éviter à se regarder dedans ? Comment faire en sorte que nous n’exercions pas notre esprit critique lorsque cela nous arrange ?

La vidéo ci-dessous, autocritique d’une chaîne YouTube critique qui s’est construite sur l’oxymore et le discours contradictoire, apporte un début de réponse :

Esprit critique et critique d’esprit

C. L’humilité ambitieuse comme moteur de la raison en action

Pour trancher entre la pensée critique et son faussaire bien-pensant, il ne suffit pas se revendiquer comme détenteur et/ou missionnaire de la pensée critique, car ce n’est qu’une posture tant qu’elle n’est pas étayée en preuves et en actes de son accomplissement.

Se distinguer de ceux qui sont prêts à tout pour avoir raison (y compris à avoir tort), en prenant conscience qu’il ne sert à rien d’avoir raison en son for intérieur si c’est pour avoir objectivement tort dans la réalité, il ne suffit pas de se prétendre pragmatique et éclairé comme touché par la grâce divine de notre entendement.

Il faut avoir le courage, l’effort et la vertu de reconnaître que l’on ne sait pas tout, et même qu’au début, on se trompe sur énormément de choses.

Il faut faire preuve d’humilité en acceptant que l’intelligence de l’homme est avant tout collective, que nul ne se construit tout seul, et donc que seuls, nous ne valons rien.

Forcément, penser ainsi, c’est d’abord se dévaloriser en tant qu’individu et personne singulière.

Pourtant, cette modestie est la seule voie lucide pour quitter notre « île d’ignorance placide** » et d’élever notre pensée critique à un niveau qui lui permet d’ambitionner de découvrir la vérité et de comprendre la réalité, malgré les « perspectives effroyables de la réalité** »
(** l’Appel de Cthulhu, H.P Lovecraft)

Pour illustrer, une véritable pensée critique commence par quitter le berceau des illusions en s’exposant à la vérité froide et nue, un monstre complexe et magnifique dont on doute pouvoir se défaire un jour.

Cependant, une fois cette étape franchie, il est impossible de rester au milieu du gué : soit on agit en conséquence de cette vérité acquise et on accepte que notre pensée atteigne une exigence nouvelle, soit on l’ignore en connaissance de cause et on tolère la médiocrité de notre pensée, paradoxalement dans l’objectif de la valoriser sans efforts.

C’est pourquoi je souhaite proposer, avec l’humilité ambitieuse que porte le projet de l’Augure, une méthode simple, objective conçue pour que toute personne faisant preuve d’honnêteté intellectuelle, quel que soit ses opinions, puisse l’approuver.

Cette méthode de pensée se décline en 4 étapes, fonctionnant comme 4 exercices de modestie permettant de développer une pensée critique plus ambitieuse, et donc de « bien penser » :

  1. Reconnaitre les limites de notre rationalité subjective :
    Il faut toujours se demander pourquoi on pense ce que l’on pense et pourquoi l’on fait ce que l’on fait AVANT de pouvoir exercer son esprit critique.
    Connaît bien ta propre pensée avant de critiquer celle des autres.
  2. Reconnaitre la médiocrité a priori de la pensée individuelle :
    Nul ne détient seul la vérité, mais une communauté de scientifiques peut parvenir à des consensus qui constitue la vérité du moment.
    Il faudra au moins autant d’effort, de méthode et de rigueur pour la déconstruire.
    Nourris-toi de l’intelligence collective puis contribue-y.
  3. Reconnaitre l’imperfection de nos opinions :
    Ce n’est pas parce que quelqu’un dit des choses avec lesquelles vous êtes d’accord que c’est vrai, et inversement, ce n’est pas parce que quelqu’un dit des choses avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord que c’est forcément faux.
    Pour autant, toutes les opinions ne se valent pas, car certaines se cultivent plus que d’autres.
    ➔ Applique-toi souvent à redéfinir tes opinions afin de ne pas laisser tes opinions te définir.
  4. Reconnaitre l’impossibilité de la neutralité objective :
    Il y a des choses objectivement vraies et fausses, notamment en sciences, car elles sont le résultat d’une méthode rationnelle qui résiste à l’épreuve des faits, et dont l’objectivité est garantie par une approche collective de la vérification des connaissances.
    En revanche, la neutralité n’est PAS l’objectivité, car ne pas avoir d’avis, c’est faire le choix de ne pas prendre position, qui à ses propres implications qui ne sont pas neutres.
    ➔ Engage tes pensées en actes pour pouvoir les élever et les cultiver.

Voici le cadre dans lequel je réduit la « bonne-pensée », s’il peut y en avoir une, en y ajoutant tout de même le principe fondamental selon lequel la liberté de pensée repose sur l’égalité des capabilités (droit+capacité) des individus à penser, ce qui nécessite le partage des connaissances et l’éducation universelle à la pensée critique.

Caricature de celui qui pense que « chacun peut penser comme il veut » (désolé pour les fautes le dessin n’est pas de moi x) )

En effet, entre l’aveuglement volontaire et la recherche inlassable du savoir, il existe un vaste champ d’ignorances.

Ces ignorances, à défaut de les justifier, on peut les expliquer, et définir différents niveaux de responsabilité dans un domaine en fonction de notre niveau de connaissances et notre capacité à faire évoluer ce même domaine.
C’est souvent sur cette base — dans les entreprises comme dans les autres institutions — que se constitue les hiérarchies dites « légale-rationnelle » selon Max Weber.

C’est pourquoi, au vu de la sociologie particulière du réseau social LinkedIn, composé d’autant de cadres dirigeants en place ou en devenir, notre avons une responsabilité de premier plan à bien penser, car si nous n’y parvenons pas, nous ne méritons pas de diriger quoi que ce soit, et il serait alors légitime de nous renverser pour nous remplacer par plus compétents que nous le sommes.

C’est, pour ma part, ce sentiment immense de responsabilité vis-à-vis du monde, du fait de la place que j’y occupe, qui anime mon combat pour la raison, authentique et ambitieuse.

Dans ma vie, je veux accomplir mon œuvre et lui donner le sens le plus grand, je veux vivre dans le meilleur des mondes possible et pouvoir affirmer fièrement et sans illusions y avoir contribué.

D. La bonne pensée : un cap et un idéal

Or, la bonne pensée est sur beaucoup de points, totalement opposées à la « bien-pensance » souvent critiquée par d’autres bien-pensants :

  1. La bonne pensée n’est pas la bienséance, elle ne cherche pas à correspondre à la convenance, aux traditions et aux étiquettes du moment car toutes ces normes sont biaisées.
    Elle est au contraire impertinente car elle cherche faire évoluer et à bousculer la pensée.
  2. La bonne pensée n’est pas superficielle ni suffisante, elle n’est pas dans la posture ni dans la vanité coquette des choses et des œuvres superflues.
    Elle est au contraire intime et profonde, elle se concentre sur l’essentiel, elle assume ses sentiments et ses engagements.
  3. La bonne pensée n’est pas un principe abstrait et spirituel, qui dicterait la bonne morale et les bonnes valeurs auxquelles il faut adhérer pour être respectable et sensé.
    Elle est au contraire une action concrète et réelle, qui met en cohérence des pensées et des valeurs qu’il faut appliquer avec méthode et détermination pour qu’elles aient un sens.
  4. Enfin, et c’est peut-être le plus important, la bonne pensée est humaine, intellectuellement et moralement :
    Elle prend soin des gens et de leur pensée afin qu’ils puissent développer la pensée dans son ensemble.
    Elle aide l’ignorant et elle combat l’obscurantisme ( = la lutte active pour l’ignorance).

La « bien-pensance », au contraire, se limite bien souvent à dire ce qui est vrai et ce qui est faux, elle est une soumission à la pensée dominante et normative, et ainsi ne cherche en rien à la changer ni à l’améliorer, en dehors du cadre de ce qui lui semble être acceptable et relever du bon sens, et ne cherche pas tant à vaincre l’ignorance chez les gens, qu’à sacraliser une vérité purement conceptuelle, qui n’a souvent pas grand chose à voir avec la diversité et la complexité des pensées des individus, mais qui sert de lieu commun réducteur auquel consent une majorité de gens.

Ainsi, la « bien-pensance » est une ironie, puisque en réalité, elle n’est pas une pensée, et encore moins une pensée critique, car cette dernière suppose la remise en question de la vérité.

Cela signifie que critiquer la bien-pensance — c’est à dire une non-pensée, ou en tout cas une pensée automatique — sans proposer d’alternative sérieuse vole tout aussi bas que la bien-pensance elle-même, raison pour laquelle j’ai voulu démontrer que la plupart des critiques de la bien-pensance étaient souvent eux-mêmes des bien-pensants

Enfin, il faut dédramatiser : il nous arrive tous d’être « biens-pensants », de dire et de penser des choses pas très réfléchies, justement parce qu’il faut beaucoup de temps, pour réfléchir.

Malheureusement, nous ne sommes pas tous égaux concernant notre temps libre, et nous avons tous de plus ou moins bonnes raisons de ne pas le prendre le temps de réfléchir et de s’informer sur un grand nombre de sujets.

C’est d’ailleurs supposé être le rôle des intellectuels, des vulgarisateurs, des éducateurs et des professeurs, que de nous aider à penser et ainsi de nous faire gagner du temps pour pouvoir apprendre plus rapidement et plus efficacement que si on devait tout faire par nous-mêmes.

Le projet de l’Augure, par ses articles, poursuit cette vocation, mais ne s’y limite pas.

En effet, l’Augure n’est pas seulement un blog pour moi, c’est aussi une philosophie et un projet de vie :

« Il m’importe dans ma vie et donc aussi dans l’Augure, de ne pas être seulement un enseignant (= celui qui enseigne des savoirs) qui abreuve de théories et de pensées, ni seulement un militant (=celui qui agit pour montrer l’exemple) qui accable de ses pratiques et ses expériences.
Au jour où j’écris ces lignes, je souhaite devenir un économiste de terrain, à la fois chercheur scientifique et professionnel technique, à la fois enseignant et militant, car science est aussi technique et action est aussi savoir. »

Revue de l’Augure – Mai 2021 – L’Augure Critique

Coopérer : Prétention à l’intelligence et à la vertu

Si vous avez lu la Revue de l’Augure – Mai 2021 ci-dessus, vous aurez compris que la coopération est au cœur du projet de l’Augure.

Dans le monde professionnel, le triomphe de la compétition sur la coopération est noyautée par la dépolitisation du monde professionnel telle que je l’ai décrite dans la section « L’inlassable optimisme de LinkedIn », qui se fonde encore une fois sur l’idée fausse et « bien-pensante » que la morale et la raison seraient incompatibles et même mutuellement exclusives ( = il est impossible d’être moral ET rationnel, c’est soit l’un, soit l’autre).

En effet, le monde professionnel se considère plus « sérieux » que le monde politique, sous le prétexte qu’il serait plus cynique (et donc moins moral), et donc plus pragmatique et objectif sur la réalité du monde et de la raison.

C’est cette mentalité particulièrement révoltante en plus d’être fallacieuse qui m’a poussé à publier l’Augure sur LinkedIn, afin d’apporter un discours alternatif sur ce que « être sérieux » signifie vraiment.

Tout comme la pensée critique, être sérieux n’est pas une posture, ce n’est pas le respect de l’étiquette du succès, ce n’est pas non plus la modestie toute stoïcienne mais aussi misérabiliste selon laquelle chacun doit s’occuper de ses affaires, et donc où bien faire son travail et nourrir sa famille, représente le summum du raisonnable et de la vertu.

Être sérieux, c’est vivre dans l’importance, c’est ne rien prendre à la légère, c’est donc avoir l’ambition d’être la meilleure version de soi-même dans TOUT les aspects de notre vie.

Être sérieux, c’est aussi vivre en cohérence avec soi-même : c’est s’engager selon nos pensées et nos principes qui nous tiennent à cœur, c’est respecter ses promesses et assumer ses responsabilités. C’est faire ce que l’on dit, et dire ce que l’on pense.

Être sérieux, c’est donc une attitude absolue, c’est la convergence intime et persévérante entre nos pensées et nos actes, et ce en tout lieu et en tout temps, car tout manquement à cette cohérence témoigne de notre manque de sérieux.

Ainsi, par ce texte, l’Augure cherche à briser l’incurie négligente du professionnel qui, satisfait de bien faire son travail, oublie tout un monde qui l’entoure et fait une préoccupation auxiliaire de ce qui devrait être essentiel : l’humain.

« Cher réseau », entendez-moi, bien faire votre travail ne fait pas de vous quelqu’un de sérieux dans l’absolu, mais seulement de sérieux dans votre profession.

Or, si vous n’êtes pas sérieux en dehors du monde restreint de votre travail, comment voulez-vous que vos concitoyens vous prenne au sérieux lorsque vous vous permettez de donner votre avis politique sur tel ou tel sujet de société ?

Soyons sérieux, si vous voulez pris au sérieux quand vous parlez de « contribuer à rendre le monde meilleur », de « défendre les libertés et les droits de l’homme », de « lutter contre les discriminations » ou encore de « promouvoir l’égalité des chances », vous devez être cohérent et véritablement votre démarche en lui donnant une portée globale et systémique.

En bref, si vous voulez être sérieux et crédible quand vous invoquez des convictions morales, sociales et politiques dans le cadre de votre profession, vous devez comprendre et intégrer ces quatre vérités :

  1. La profession ne suffit pas au citoyen sérieux : Le sérieux que vous accordez à votre travail est bien futile si vous êtes aveugles ou ignorants des causes qui le déterminent ainsi que des conséquences qu’il entraîne. En effet, est-il vraiment sérieux celui qui est inconscient de lui-même et de son environnement, et qui ignore la responsabilité et les conséquences de ses actes ?
  2. La philosophie n’est pas un accessoire : Votre choix de faire de la philosophie un élément auxiliaire de votre profession, vous soumet à la médiocre philosophie dominante nihiliste et individualiste, tant sur le plan moral que intellectuel, car elle fait de vous des inconscients, tantôt contributeurs, tantôt serviteurs d’un système qui troque votre liberté et votre vertu contre un confort physique et spirituel et un petit bonheur plat et nombriliste.
  3. Le monde de l’entreprise est un ensemble de systèmes dans un système : Votre refus de le comprendre et/ou d’agir en cohérence avec cette compréhension, qui va de pair avec un mépris de la théorie au bénéfice de la pratique, fait de vous un praticien de courte vue, en dessous de l’ambition de votre profession car vous restreignez la force que vous exercez sur l’ensemble de la société vers votre profit, et vous vous réduisez au rôle d’exécutant conforme de votre métier. Au contraire, ceux qui innovent et nourrissent le progrès s’appuient sur leur empan théorique et leur vertu professionnelle.
  4. L’égoïsme et la compétition (ou plutôt la prédation) ne vous rend pas service : La compétition d’aujourd’hui se livre entre des organisations humaines poursuivant des buts communs et ayant des intérêts antagonistes avec les autres organisations. Les vainqueurs de cette compétition sont les plus grandes organisations. Pourtant, ce n’est pas tant la taille, que l’intensité de cette coopération, qui constitue les organisations les plus prospères.
    En effet, c’est dans les pays les plus démocratiques et les moins inégalitaires, que la croissance économique PAR HABITANT est la plus forte.
    A l’inverse, les entreprises réussissant grâce à la prédation, satisfont bien peu de monde : songez à combien de proies sont nécessaires pour nourrir un prédateur.
    Vous pourriez alors penser, bien égoïstement, qu’il vous suffit alors d’être du côté des prédateurs. Pourtant, à l’échelle d’une vie, tout le temps que vous aurez passé à piller autrui, à compétitionner , est autant que vous n’aurez pas passé avec autrui, à coopérer.
    Car, finalement, quelle est la véritable force des prédateurs si ce n’est leur propre force ? Le coopérateur, quant à lui, aura toujours pour lui la force des autres sur laquelle il peut compter, et d’autant plus en temps de crise, lorsque les forces de tous s’amenuisent.

Ce dernier raisonnement, qui peut nous paraître abstrait dans le monde de l’entreprise, est beaucoup plus édifiant dans notre vie personnelle.

Bien entendu, la compétition saine et stimulante existe, c’est pourquoi je préfère parler de prédation, comme une situation de pillage et de domination où un agent abuse de sa force pour exploiter la force d’un autre agent, qui s’inscrit dans une logique gagnant-perdant.

Mais, dans un monde où l’intérêt commun et l’intérêt privé entrent en collusion, car ne pouvant plus s’ignorer dans aucun domaine, la coopération apparaît de plus en plus comme la seule relève.

Entre celui qui peut compter sur plus d’une centaine de personnes, aussi bien dans les moments heureux que dans les moments les plus difficiles ; et celui qui ne s’est occupé que du travail de son entreprise, de sa famille et de quelques amis, qui selon vous aura le mieux réussi ? Qui saura le mieux affronter les difficultés de la vie ? Qui sera le plus heureux ?
A l’inverse, qui aura le plus peur de l’échec ? Qui sera le plus contraint, et le moins libre de mener sa vie comme il l’entend ? Qui sera démuni si jamais il perd sa force ?

Évidence oubliée, la coopération n’est pas seulement une vertu, mais aussi une force.
C’est pourquoi l’Augure aspire à une coopération transversale qui se transcende.
Il cherche à rassembler une communauté de gens différents, s’engageant ensemble à œuvrer pour le bien et le mieux.

Sur la base de cet engagement, chacun peut aider les autres car ils savent qu’eux-mêmes aideront leur prochain, et ceux-là même qui se sont aidés seront davantage amenés à aider en retour.

Aujourd’hui, la prédation l’emporte car la plupart de leurs proies sont élevées en prédateurs, et ne se dirigent que sous les contraintes de la compétition, vers la coopération.

Cependant, même dans un tel monde, ceux qui coopèrent s’en sortiront mieux que les autres : ils seront à la fois plus en sécurité et plus libres, car ils pourront toujours échapper à la prédation en faisant mieux sans elle ce qu’elle même cherchait à faire avec eux.

L’histoire de l’humanité, de son progrès, a toujours été celle de la coopération. La compétition, elle, n’a toujours été que l’adversité qu’a rencontré l’histoire, ses guerres, ses conflits, qui s’est d’ailleurs toujours résolues par davantage de coopération.

Aujourd’hui, comme toujours, la coopération est la clé de la liberté individuelle, et de la résilience de nos sociétés.

Mais dans ce cas-là, pourquoi cette évidence théorique n’en est pas une dans la réalité ?
Le triomphe de la compétition aujourd’hui n’est-il pas la preuve de sa plus grande efficacité et de son plus grand succès ?

Outre le fait que le triomphe de la compétition sur la coopération peut être nuancé, surtout si on sort de l’analyse économique, il me semble surtout que c’est parce que la coopération est beaucoup plus exigeante que la compétition :

Intellectuellement, il est toujours plus facile de réduire, que d’augmenter, de détruire que de créer, aussi il paraît évident que construire des relations de coopération durable soit plus complexe que d’avoir recours à ses propres forces, et donc à ce que l’on connaît déjà.

Cependant, sur le terrain, la coopération nous simplifie la vie (par exemple en se partageant et/ou en faisant ensemble les tâches les plus pénibles) et peut faire des merveilles, car elle rend possible ce qu’il est impossible de faire seul ! (par exemple, on bénéficie en même temps des vertus de la spécialisation ET des économies d’échelle, lorsque le collectif est suffisamment large et divers)

Pour réussir une œuvre aussi exigeante que d’améliorer la vie des humains par la politique, dans un contexte de crise sociale, économique et environnementale, il nous faudra mobiliser toute l’intelligence de toutes les professions dans la coopération.

L’amateurisme de la compétition ne nous sauvera pas !

Apprendre et Enseigner : Prétention à la clairvoyance et aux Lumières

A. L’étudiant et le professeur : Apprenants et enseignants

Quand j’écris ces lignes, j’ai 21 ans, je suis étudiant en double-diplôme Toulouse Business School / Sciences Po Toulouse, je viens d’une famille aisée à défaut d’être rentière.
Je sais d’où je parle et je sais où je vais.

En prenant position comme, je sais comment on me considère : on me met du côté des moralisateurs et des pédants.

On s’offusque du môme qui pense pouvoir se permettre de donner des leçons du haut de ses 21 ans, alors qu’il ne fait que prêcher sa paroisse comme tous les autres.

Ailleurs on me dira que c’est parce que je pense faire partie de l’élite pour être aussi prétentieux.

Je ne me suis que trop justifié, dans cet article et dans d’autres, sur les efforts considérables que je fourni pour produire une pensée complexe, rigoureuse, utile, influente, militante, puissante, transcendante.

Ma légitimité est celle de l’amour de la méthode et de la déontologie, je la tire de mes propres exigences et de mes propres scrupules pour comprendre et prêcher le vrai et le juste et d’un travail important et constant de recherche d’informations, de lectures et de débats pour m’appuyer sur l’ensemble de la connaissance critique pour me faire mon propre avis.

Je la consolide enfin de la rareté de ma parole, car, conséquence de mon jeune âge et mon inexpérience présumée, mais aussi de la fougue méditative de mes engagements, je passe aujourd’hui beaucoup plus de temps à apprendre et à agir pour les causes qui me tiennent à cœur, qu’à enseigner ma science que je dois encore cultiver, et que je cultiverai toute ma vie.

Ainsi, ma prétention n’a rien à voir avec une question d’âge, si vous n’avez jamais étudié ces questions, jusqu’à preuve raisonnable du contraire, j’en sais plus que vous !

C’est d’ailleurs pourquoi, dans une société où les individus cherchent à être de plus en plus différents et spécialisés, on a, en théorie, tous à apprendre des autres en quelque autre domaine que ce soit.

L’expérience ne fait pas tout, notamment lorsqu’elle est expérience du mythe, c’est-à-dire d’une connaissance populaire, générale et superficielle, qui, faute de temps pour la creuser, s’est consolidée avec le temps sans que cela ne la rende plus ou moins vraie.

Sur ce point, mon esprit est sûrement plus vierge que bien d’autres de ces préjugés et de ces connaissances auto-renforcées qui obscurcissent le jugement.

Mon statut d’étudiant est même un avantage certain puisqu’il me rapproche de la pratique rigoureuse de la dissertation, de la dialectique et de l’épistémologie nécessaire à la constitution d’une pensée globale et nuancée sur l’état des choses et des personnes.

Ma position de primo-apprenant me place au plus près de la source des savoirs et le plus en amont de la construction de la pensée, constituant le meilleur moment pour tout remettre en question, et apporter des idées nouvelles.

De plus, j’ai pour ma part l’opportunité de mener des études plurielles qui me permettent de re-labourer incessamment les connaissances acquises en première lecture.

Globalement, je parviendrai à étudier mon domaine d’étude — l’économie — sous tous les angles, sous toutes les formes et suivant tous les courants intellectuels majeurs de la discipline. Je m’applique à comprendre le regard que l’économie porte sur les autres sciences, et inversement, à comprendre le regard des autres sciences sur l’économie.

Si je ne peux pas tout savoir, et qu’il y aura, à terme, nécessairement des domaines de l’économie dans lesquels je serai plus compétents, et sur lesquels je me focaliserai plus spécifiquement, j’ai à cœur de pouvoir parler de tout et d’avoir une vision d’ensemble.

Comme je l’explique en détail dans mon article Philo [Dé]Confinée n°4 : Les intellectuels [Des livres], la démarche de l’intellectuel que je prétend être est celle de l’amateurisme, qui sacrifie un peu de son expertise sur l’autel de la polyvalence et de la vulgarisation. Cependant, il m’est tout à fait possible d’écrire sur ce blog parfois en tant qu’intellectuel informé et engagé, parfois en tant que scientifique en devenir qui l’est tout autant.

Enfin, j’aimerais avancer un dernier argument sur les vertus des étudiants pour vous aider à apprendre et à enseigner.

En effet, combien de vous qui ont quitté les bancs de l’université, continuent à mobiliser les compétences académiques qui vous ont permis de développer votre pensée critique, afin de continuer à disserter de façon si abondante, générale et réflexive sur autant de sujets différents que vous avez étudié ?

En réalité, peu de gens ont le luxe de s’épancher si vastement dans la science et la connaissance que l’étudiant, si ce n’est l’enseignant-chercheur lui-même, qui n’est finalement de l’avis de beaucoup et dans notre plus grand intérêt à tous, un étudiant permanent.
Les journalistes, les politique viennent compléter la cosmologie typique des intellectuels, qui jouent tous des rôles différents mais nécessaires dans le débat public.

Ainsi, il faut sortir de cette idée univoque et caricaturale que les jeunes ont tout à apprendre de leurs aînés, et que nous même n’avons rien à leur enseigner.

N’importe quel professionnel peut apprendre des étudiants, et en particulier des étudiants qui ont suivi le même parcours que lui, car de la même façon qu’ils sont « la tête dans le guidon » de leur métier, les étudiants sont « la tête dans le guidon » dans l’apprentissage de la connaissance.

Cela même est renforcé lorsque l’on prend de l’âge et de l’expérience, car il y a alors plus de chances que ce que les étudiants étudient soit fondamentalement différent et meilleur que ce que vous avez vous-même étudié, et ainsi que les étudiants ont plus de chances d’être à la page que vous ne l’êtes vous-même sur la connaissance brute.

Bien entendu, vous êtes tout aussi essentiels : Vous faites tourner la société pour qu’on puisse prendre le temps de se former , vous supportez notre improductivité, vous nous nourrissez des conseils et des enseignements de votre expérience pour que nous fassions mieux que vous faites vous-même.

Toutefois, rassurez votre fierté, si votre œuvre est grande et noble, on s’en souviendra ! Elle ne sera pas amoindrie pas les générations qui se succèdent et loin de moi l’idée de vous mettre sur la touche ou de vous dévaloriser par âgisme, moi-même, je ne l’accepterai probablement jamais !

Finalement, sur un plan plus politique, entendez plus simplement sur le plan du vivre-ensemble, je ne vous demande qu’une reconnaissance pleine et entière de notre maturité et de notre sérieux en tant qu’étudiant, et ainsi, accepter que nous puissions enseigner et que vous pouvez apprendre, comme nous le faisons.

Après tout nous sommes, tout comme vous, des adultes majeurs dans la pleine possession de leurs droits et leurs responsabilités civiques.

Si la loi nous en confère le droit et la légitimité, de quel droit sommes-nous encore et toujours considéré comme des citoyens de seconde classe, des enfants insouciants dont l’opinion compte plus comme une fantaisie utopique que comme une conviction politique de plein droit ?

Pourquoi tant de mépris et de paternalisme à notre égard, alors que tout le sérieux du monde adulte « professionnel » ne nous permet pas de s’atteler sérieusement aux grands problèmes et enjeux du 21ème siècle ? (crise écologique, misère économique et sociale, individualisme mortifère, …)

Qui sont finalement les vrais irresponsables ?
Ceux dont qu’on rend illégitime à la raison sérieuse et adulte (professionnelle + politique) ? Ou ceux qui légitiment une raison sérieuse et adulte sans pouvoir en assumer la responsabilité et instaurant une société désabusée car nombriliste, nombriliste car désabusée ?

Cela ne devrait-il pas nous inviter tous à plus d’humilité et de coopération ? A encourager les étudiants ET les professionnels à prendre leur juste part dans le débat démocratique et à traiter les autres en êtres libres, égaux et frères comme on nous rebat sans cesse l’importance des valeurs de la République, c’est à dire de la chose publique et commune ?

B. L’Augure : Un Agora en débat ?

L’histoire de du blog de l’Augure baigne depuis le début entre sa prétention à apporter la connaissance la plus utile et la plus pertinente, et sa prétention un espace de débat et de discussion ouvert au plus grand nombre.

En un sens, l’aspiration de l’Augure, c’est l’utopie de Twitter : un Agora du débat de la science et de la démocratie, la liberté de chacun de s’exprimer.

On voit bien comment cela s’est terminé, bien que l’on soit prompt à noircir le tableau davantage que nécessaire, d’autant plus que l’on pourrait, voire davantage, critiquer Twitter lui-même plutôt que ses utilisateurs (économie de l’attention qui favorise la visibilité du buzz et de l’outrance, pas de communauté d’expert pour éclairer le débat, aucune option de tri de l’information, …).

L’Augure n’est pas un projet professionnel, en tout cas pas du tout au sens où on l’entend habituellement.

En effet, l’Augure ne cache pas son affiliation au monde universitaire, littéraire et politique, plutôt qu’au monde du travail et des affaires.

Il parle d’institutions plutôt que d’entreprises.
Il s’adresse à des citoyens plutôt qu’à des travailleurs.
Il discute politique plutôt que développement personnel.
Il défend des idées plutôt que des carrières.

Pourtant, il s’agit pour moi d’un potentiel outil professionnel, dans la mesure où j’ai décidé à tourner mon métier vers la recherche de connaissance et le débat scientifique et politique, dans une mesure que je dois encore estimer.

Ainsi, il me semble que LinkedIn est un réseau social pertinent  pour y diffuser mes travaux, et construire une communauté autour d’idéaux et de projets communs.

Nous sommes sur un réseau social sérieux, ainsi il me semble pertinent d’y parler de choses sérieuses et d’y connecter des gens sérieux, et ce bien au delà du monde du travail.

Le monde du travail gagnerait à se reconnecter au monde des idées. Le travailleur gagnerait à se reconnecter au citoyen qui est en lui et à ne pas le considérer comme deux entités séparées.

Si vous des principes, défendez-les aussi bien au travail que dans le reste de votre vie. Questionnez-les, critiquez-les, pour déterminer si vous suivez les bons principes.

Ce blog est un appel à penser la société dans son ensemble de temps en temps, afin de ne pas perdre de vue les raisons profondes pour lesquelles ont fait son métier.

Finalement, le projet final de l’Augure, c’est l’alliance ultime et collective de la bonne-pensée et de la bonne-action.

C’est mobiliser les compétences et les convictions des véritables « sérieux » pour renverser et transcender l’ordre du monde, en brisant les oppressions, les injustices et les déraisons légitimées qui entretiennent les médiocrités générales de nos sociétés.

La voilà la doucereuse impuissance! Personne n’agit car tout le monde pense que personne n’agit car personne ne SAIT, alors tout le monde essaie d’enseigner aux autres ce qu’ils ne savent pas : ils DÉLÈGUENT leur action à d’autres par leurs savoirs… Chacun sait ce qu’il sait et pourtant personne n’apprend rien.
La voici notre ferme puissance! Tout le monde agit car tout le monde pense que personne n’agit car personne ne FAIT, alors tout le monde essaie de faire ce que les autres ne font pas: ils DISPENSENT leur savoir à d’autre par leurs actions! Chacun fait ce qu’il a à faire et ainsi tout le monde apprend quelque chose.

Revue de l’Augure – Mai 2021

Conclusion : Pour une société sérieusement épique

Mes réflexions sur LinkedIn m’ont amené à plusieurs réalisations sur l’état du monde professionnel aujourd’hui, et en particulier sur son inertie morale et politique, malgré la bonne volonté, parfois sincère, parfois de façade, affichée par ceux qui le peuplent, et plus particulièrement par ceux qui le dirigent.

Ma plus grande réalisation est sans doute la plus glaçante : Il s’agit de la faculté funeste de l’éloquence à anéantir et monopoliser le pouvoir des mots, au point que la posture des idées et leur expression conforme à l’étiquette et à la bienséance coquette et visqueuse, vaille mieux que leur vérité, leur puissance potentielle à améliorer le réel et la compréhension du réel, et la conviction édifiante qu’elles apportent et renforcent chaque fois qu’elles parviennent à briser le mur de l’obscurantisme.

Le comprendre est pour moi une violence, car elle me renvoie à la vanité et la vacuité d’une pensée individuelle qui n’a aucune prise sur le cours des choses, et qui disparaîtra à tout jamais lorsque je m’éteindrai avec elle.

Cependant, cette réalisation est aussi une force, car je comprend désormais que la pensée vit et survit dans le collectif, et donc que pour que mes idées demeurent et grandissent, il faut forcément les faire investir la pensée collective, les développer en interaction avec la société, et enfin, les faire adhérer au plus grand nombre pour leur donner la force et la permanence qui donnera à ma vie toute la vitalité humaine qui me rendra heureux dans un monde heureux, épanoui et ambitieux grâce à des gens qui le sont tout autant.

A titre personnel, je regrette l’abandon de l’épique dans notre vie quotidienne et de son truchement restreint à la fiction et à nos imaginaires.

Il y a aujourd’hui, selon moi, trop de « raisonnables » qui restreignent leurs ambitions sous le paravent de l’ordre social, et trop peu de « passionnés » qui donnent de la hauteur, de la grandeur et de la noblesse à leurs ambitions.

La cause de cette marginalisation de l’épique ne vient pas uniquement de l’individu ni uniquement de la société, mais plutôt d’une intrication subtile entre la morale politique et religieuse dans laquelle Dieu est loin d’être mort, et qu’on peine à concevoir et à rassembler les hommes autour de la puissance de l’humanité solidaire, capable de pousser toujours plus loin les limites de la liberté accordée à chacun, sans que quiconque ne soit en mesure de menacer cette liberté.

C’est seulement lorsqu’elle aura dépassé les erreurs et les égarements de son récit commun, que les civilisations rentreront dans l’ère de l’épique, produit supérieur de l’imagination et de l’inventivité humaine, qui permette à chacun de jouer un rôle héroïque qui lui corresponde.

Seul le progressisme le plus ambitieux et le plus prétentieux saura produire une telle société, progressisme qui s’intègre dans la double-dialectique prédateur — proie & bien-penseur — bien-pensant.

En effet, la nature et l’intensité du progrès sera fonction de savoir si on préfère l’ambition collective ou la conservation personnelle :

Préférera-t-on ambitionner de tout savoir, ou se préserver dans le déni de réalité ?

Auront-nous le courage de la coopération pour un bénéfice plus plus grand, ou la lâcheté de la prédation pour un profit personnel ?

Enfin, dans l’économie de la connaissance qui se profile, préférerons-nous partager nos connaissances et nos apprentissages pour les démultiplier, ou les privatiser pour que chacun soit récompensé d’apprendre et d’enseigner ?

Saurons-nous choisir collectivement entre détruire ou créer, piller ou partager ?

Cet article, candidature de l’Augure a s’exprimer sérieusement sur LinkedIn, est donc une triple prétention, nécessaire pour nourrir une triple ambition :

1. Prétendre penser de façon critique, pour ambitionner réfléchir collectivement avec raison et humilité.

2. Prétendre coopérer avec le plus grand nombre, pour ambitionner agir avec une plus grande intelligence et une plus grande vertu.

3. Prétendre apprendre et enseigner, pour ambitionner des rapports sociaux et environnementaux plus clairvoyants et chatoyants.

Ainsi j’exprime l’ambition sérieuse, déjà parcourue et encore à accomplir, du projet de l’Augure Critique, militant pour être pensé, contribué et partagé selon ses propres principes, et agissant pour motiver, enseigner et inspirer selon ses propres valeurs.

Amicalement,

Signé : l’Augure

BONUS

Pour ceux qui sont arrivés jusque-là, merci beaucoup d’avoir pris le temps de tout lire (ou d’avoir cliqué directement sur « Bonus » dans le sommaire), j’espère que vous prendrez un peu plus de temps pour rédiger un commentaire sur le site ou sur LinkedIn pour réagir, débattre ou développer sur la base de cet article.

En bonus, je vous propose de regarder cette vidéo sur laquelle je suis tombé après avoir fini de rédiger mon article au titre provocateur :  » LinkedIn : Le réseau des gogoles », qui illustre avec humour et second degré certains comportements « pathologiques » que l’on peut retrouver sur LinkedIn, que j’ai pu dénoncer dans cet article.

Vous pouvez aussi écouter la compil « Citations d’entrepreneurs en ASMR (relaxation & motivation) » de « Un Créatif », si jamais vous écoutez trop de bullshit à force de passer votre temps sur LinkedIn =P

Je compte sur vous pour aller donner au « sérieux » sur LinkedIn un tout autre visage =)

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