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Revue de l’Augure – Mai 2021

Dernière mise à jour le 1 septembre 2021

Bonjour à tous,

Nouvelle revue qui vise à revenir sur les difficultés, mais aussi, le travail accompli depuis janvier, ainsi que sur mes aspirations futures concernant ce blog après plus d’un mois sans article publié, et 4 mois sans articles sur la philosophie et l’économie, qui restent pourtant les disciplines au cœur du projet de l’Augure sur le plan personnel et intellectuel.

J’ai hésité à couper cette Revue en 3 parties, donc je vous conseille de la lire en plusieurs fois où à lire seulement les parties qui vous intéressent :

Aidez-vous du Sommaire, il est fait pour ça ^^.

LE SITE

Le Site à longtemps été, et est un peu toujours, en « maintenance graphique », faute de temps pour m’améliorer en WordPress.
Je viens cependant trouver une solution qui permette au moins une bonne lisibilité des articles, sur PC comme sur téléphone, et je reviendrais travailler la charte graphique lorsque j’en aurais le loisir ou le besoin.

Si vous avez des idées de thèmes WordPress GRATUITS qui colleraient bien avec mon blog, je suis preneur. ^^

Aussi, le site a été en veille sur le plan de la communication :

En effet, il est évident que, du fait que pour de nombreuses raisons (désintérêt des réseaux sociaux et son économie de l’attention, répétitivité des tâches, temps consacré à d’autres projets que ce blog, …) j’ai arrêté toute communication sur les réseaux sociaux et la Newsletter depuis Janvier, le site a reçu très peu de visite ces derniers mois.

Ce faisant, je dépend aujourd’hui presque à 100% de vos partages pour faire connaître l’Augure, et du fait que je ne publie que rarement, la Newsletter reste pour moi le seul moyen de rester en contact avec vous, notamment lorsqu’il sera temps pour l’Augure de migrer vers les réseaux sociaux pour toucher un plus large public.

Aussi, si vous appréciez certains des articles écrits sur l’Augure, ou même simplement ses idées et son projet alors:

  1. Partagez le site à des personnes susceptibles d’être intéressés par l’un des 3 pôles de l’Augure (Sciences Sociales, Philosophies et Cultures, Jeux et Fictions)
  2. Abonnez-vous à la Newsletter avec une adresse mail que vous utilisez régulièrement, même si pour le moment elle ne sert pas à grand chose (pour le moment c’est déjà assez c*iant comme ça de vous envoyer la notification de nouvel article car elle n’est pas automatisée c’est pour vous dire 🙄 ), au moins je sais que vous soutenez mon travail et c’est déjà beaucoup! 😀
  3. Commentez les articles que vous aimez le plus!

Cet instant promo achevé, entrons dans le vif du sujet 😈

Introduction: Erratas sur le Calendrier Global 2021 et les objectifs du blog

Au début de l’année 2021, je vous ai dévoilé une feuille de route très ambitieuse portant les 3 pôles qui constituent l’identité de l’Augure (Sciences Sociales, Philosophies et Cultures, Jeux et Fictions).

Je vais vous décrire où j’en suis dans ces différents objectifs au 1er Mai 2021, pourquoi il a eu peu d’articles concernant ces sujets, et enfin, comment ce bilan a fait évoluer mes perspectives concernant cette feuille de route et le projet de l’Augure.

C’est aussi l’occasion pour moi de développer des concepts et de proposer des nouvelles idées, faisant de cet article un article à part entière, en plus d’être une Revue de l’Augure. ^-^

ÉCONOMIE, POLITIQUE, SOCIOLOGIE, ...

Parler du management comme une science de l’organisation que l’on peut améliorer

Sur le plan personnel, j’ai suivi beaucoup de cours de management (en RH et Stratégie notamment) dans le cadre de mon semestre à l’étranger à la Aalto University (Helsinki, Finlande). Ces cours m’ont beaucoup appris, car la méthode d’apprentissage reposait surtout sur la lecture et l’étude d’articles scientifiques publiés dans des revues académiques, ce qui m’a permis d’approfondir mes connaissances théoriques en sciences de l’organisation (ce qui est exactement ce que je recherchais par ailleurs). Cependant, les 2 articles que j’ai rédigé sur cette thématique sont pour moi très insatisfaisants, car ils ressemblent trop à des devoirs scolaires (de mon avis ET de vos avis, au vu des retours que j’ai eu), et ne parviennent à être à la fois pertinents, originaux, créateurs de sens ET d’action.

En effet, au regard des dizaines d’articles scientifiques que j’ai pu lire, s’il y a bien une chose dont j’ai pu me rendre compte de façon concrète, c’est que le savoir est vaste, tumultueux et dilué comme mille et milles océans , et que nul temps d’une vie ne saurait remédier. Il faut alors, lorsque qu’on se consacre à la connaissance, non pas naviguer à vue en espérant trouver quelque chose, mais au contraire, fixer un cap et voguer tant bien que mal vers cette destination.

Ainsi, pour établir d’authentiques et précieuses connaissances, mieux que de trouver les réponses pour les amasser en trésors, il faut poser des questions pour arriver à bon port. Celui qui cherche la destination, sans intérêt pour le voyage qui y mène, reste condamné à effleurer la surface des savoirs. Celui qui voyage sans s’arrêter, finira par plonger sous la surface sans jamais revenir sur terra cognita. Tout deux, inconscient des flots qu’ils traversent, laisseront toutes leurs sciences se perdre et s’évanescer, sans ancrage, ni rivage. Parmi ces voyageurs, voici les Augures devenues poissons-volants, plongeant et émergeant de l’océan des savoirs, célestes et libres des pensées de l’existence terrestre, marin et ancré dans les pensées qui supportent la raison terrienne.

Cette traversée m’a donc fait comprendre que je ne veux pas faire de l’Augure un conservatoire de données, une île au trésor. Je veux que l’Augure soit une bibliothèque de pensées et un archipel d’aventures. (Cependant, je vais créer une section type « archives » chargée de recenser les références qui alimentent et inspirent ma pensée, et qui pourraient nourrir la vôtre. )

Dédicace à « Les Aventures d’Arthur Gordon Pym » d’Edgar Poe pour cette métaphore bleue mer et ciel, qui montre une fois de plus comment la fiction peut inspirer la raison et sa raison d’être, en redonnant cœur à l’Augure qui battait de l’aile.

Relier les concepts de Désobéissance Civile et de Démocratie Économique

De la Désobéissance Civile (= la réaction de la collectivité face à l’ordre établi) à l’Action Civique (= la pro-action du citoyen pour construire l’ordre établi)

Travailler sur les sciences de l’organisation me permettait en réalité de nourrir un projet plus grand, qui a récemment pris un tournant décisif. Il s’agit également d’une problématique décisive de l’Augure qui touche à sa raison d’être.

Il y a depuis longtemps en moi un conflit entre ce que je sais et ce que je fais. Je ne pense pas être seul à ressentir ce sentiment de doucereuse impuissance qui nous saisis lorsqu’on apprend et/ou que l’on comprend.

Malheureusement, une fois que l’on sait, il est impossible de le désapprendre tout à fait.
Alors, il nous devient impossible de vivre sans prise en compte de cette conscience nouvelle, sans ressentir une frustration, un inconfort, une déception, en bref, sans qu’un sentiment négatif vienne obscurcir notre précédent état d’ignorance. Et pourtant, par un mécanisme proche de celui de la dissonance cognitive, on se complait dans cette connaissance nouvelle sans rien qu’elle ne change à nos vies.

Car une fois que l’on sait, et que, malgré cette connaissance rien ne change hors de notre tête, et que, malgré notre action (ou inaction) qui en découle, rien ne change hors de notre corps, il y a alors deux modes de rationalisation concomitants qui cherchent à éteindre cette dissonance.
1. Penser que personne ne SAIT rien, car trop peu font ce que je FAIS
2. Penser que personne ne FAIT rien, car trop peu savent ce que je SAIS

Et si dans les deux cas, on se rassure car la faute repose alors sur ceux qui ne savent pas et/ou ne font pas, en réalité on se trompe doublement, sur ce que les gens pensent, et sur ce que les gens font, et même quadruplement, sur ce que l’on doit penser, et ce que l’on doit faire:

1.Si les gens savent et n’agissent pas, c’est sûrement parce qu’ils pensent que les autres n’agissent pas ou que ces efforts sont vains car la majorité ne sait pas (=inaction apprise)
2. Si les gens ne savent pas et que pourtant ils agissent, c’est sûrement parce qu’ils voient les autres agir, et donc que ces efforts ne sont pas vains car la majorité à l’air de savoir ce qu’elle fait (=action apprise)
3. Si vous savez quelque chose et que vous n’agissez pas, c’est sûrement que vous pensez que les autres ne vous suivront pas car ils ne savent pas, et dans ce cas, que vous devez leur enseigner ce que vous savez. (délégation de l’action par le savoir)
4. Si vous n’enseigner aux autres qu’à savoir ce que vous savez (et non pas à faire en fonction de ce que vous savez) en espérant qu’ils agissent, c’est sûrement que vous pensez qu’ils agiront parce qu’ils savent, alors que vous même ne faites rien… Vous devez alors agir pour leur apprendre tant à savoir qu’à faire (délégation du savoir par l’action)

La voilà la doucereuse impuissance! Personne n’agit car tout le monde pense que personne n’agit car personne ne SAIT, alors tout le monde essaie d’enseigner aux autres ce qu’ils ne savent pas : ils DÉLÈGUENT leur action à d’autres par leurs savoirs… Chacun sait ce qu’il sait et pourtant personne n’apprend rien.
La voici notre ferme puissance! Tout le monde agit car tout le monde pense que personne n’agit car personne ne FAIT, alors tout le monde essaie de faire ce que les autres ne font pas: ils DISPENSENT leur savoir à d’autre par leurs actions! Chacun fait ce qu’il a à faire et ainsi tout le monde apprend quelque chose.

Ce faisant, j’en suis arrivé à comprendre que la désobéissance civile n’était que le versant négativiste et souvent dénigré de l’action civique.

Car au delà d’être des sociétés de l’OBÉISSANCE aux institutions comme l’a démontré la célèbre expérience de Stanley Milgram, nos sociétés sont des sociétés de l’INACTION où l’on a accepté que les institutions soient supérieures aux individus, car fondamentalement, nous avons décidé que savoir valait mieux qu’agir, en oubliant qu’il fallait agir pour savoir.

En effet, il faut comprendre que la somme de nos actions, qu’elles viennent des individus ou des institutions, constituent la somme de nos savoirs. Autrement dit, il est un savoir répandu et populaire ce que tout le monde fait, il est un savoir inconnu et marginalisé ce que personne ne fait. Ainsi, ce que personne ne fait, personne ne le sait, et inversement!

Pour en revenir à mon projet, il m’importe dans ma vie et donc aussi dans l’Augure, de ne pas être seulement un enseignant (= celui qui enseigne des savoirs) qui abreuve de théories et de pensées, ni seulement un militant (=celui qui agit pour montrer l’exemple) qui accable de ses pratiques et ses expériences.
Au jour où j’écris ces lignes, je souhaite devenir un économiste de terrain, à la fois chercheur scientifique et professionnel technique, à la fois enseignant et militant, car science est aussi technique et action est aussi savoir.

De l’économie politique et de la confrontation entre science (==> savoir) et politique (==> action) à la Démocratie économique:

Poursuivant ce dessein, qui constitue l’exigence idéale de nombreuses professions, j’ai commencé la rédaction d’un projet de recherche sur une notion qui permet selon de concilier la liberté d’agir (et donc de savoir) pour tous que je prônais plus haut, et le besoin de sécurité face à la liberté des autres.

Cette notion repose sur l’idée que, si la sécurisation des libertés nécessite des institutions contraignant les libertés individuelles, il n’en reste pas moins que la libération des libertés nécessite des institutions sans contraintes, à l’exception des contraintes qui préserve cette libération. La seule forme d’institution permettant de poursuivre à la fois les besoins de sécurisation et les désirs de libération des individus est l’institution démocratique.

Or, comme historiquement et empiriquement, le développement des institutions a permis le développement économique, et que la forme de ce développement économique est celle du libéralisme-capitalisme (libéral ne voulant pas dire liberté!), j’ai souhaité m’intéresser tant à la forme de l’institution qu’à la nature du développement ce qui m’a amené à étudier la notion de « Démocratie économique ».

La Démocratie économique est multi-institutionnelle, multi-factorielle, à la jonction entre économique politique (ou des organisations/instituions) et économie philosophique, elle est une science du choix et de la valeur globale, elle est un modèle de développement durable (économique, social, écologique, …), un mode de gouvernance international voire universel car la liberté de tous est aussi dans la liberté de chacun, un projet géopolitique réaliste car phénoménologique, càd qu’elle est le fruit de l’action réelle, et efficiente, càd à la fois efficace et juste.

Voici la thèse que je cherche à démontrer, à affiner, à transcender au fil de mes recherches.
Ce projet constitue une quintessence de l’Augure, il contient ce que l’Augure contient. Je ne prétend pas tout savoir de la Démocratie ni de l’économie, je prétend tout faire pour chercher et comprendre, avec rigueur et passion.
Ainsi, tout comme l’Augure, la Démocratie économique est un projet en mouvement, par l’action de tous et de chacun.

Conceptualiser un « principe d’écologie » universel

Une conscience qui s’est imposée en moi très jeune, est l’idéal selon lequel bien agir, c’est agir en tenant compte des conséquences sur le monde, sur l’environnement au sens le plus large, c’est donc agir seulement quand cela est nécessaire et/ou constructif, et se garder d’agir quand cela amène à détruire, à dégrader, notamment quand cela répond à des besoins et désirs superflus.

Cette philosophie m’a rapidement imprégné des valeurs écologistes et humanistes, contre la surconsommation, contre la violence en tout genre, contre l’égoïsme, contre l’inconscience intellectuelle et morale, pour la liberté des autres (car on est toujours pour sa propre liberté), pour la solidarité, pour la raison scientifique et sensible.

Ce principe n’est pas principalement une philosophie du bien et du mal, bien qu’il pourrait l’être, mais une philosophie « économique-écologique » de la vie et de la valeur.

Je pense que ce principe d’écologie est universel, car il est valable pour tous les écosystèmes imaginables:
-En écologie, il faut à la fois transformer et préserver l’environnement car nous vivons dedans.
-En économie, il faut à la fois exploiter et économiser les ressources, afin que le cycle économique soit optimal pour la génération présente sans contrevenir aux besoins des générations futures.
-Dans notre vie personnelle, il faut consacrer notre temps uniquement à ce qui a le plus de valeur à nos yeux, au risque de passer à côté de la vie si on se laisse distraire et disperser par nos routines, épuisements et mésactions du quotidien.

Le principe d’écologie est individuel, car se concentrer sur l’essentiel permet une sobriété ambitieuse et maîtrisée de nos désirs et de nos besoins, pour les vivre le plus intensément et grandement possible. Le principe d’écologie est collectif, car s’attacher à la valeur de la vie des autres, c’est aussi leur permettre de répondre plus aisément à nos propres besoins. En effet, ce principe promeut une sobriété heureuse où la valeur vient des personnes et non pas des choses, et la richesse de notre vie sociale plutôt que des besoins matériels.

Je suis conscient des défauts conceptuels de cette définition du principe d’écologie, dans ma volonté de démontrer son caractère systémique et donc universel, raison pour laquelle je ne lui ai pas encore consacré un article dédié. Ce principe est encore pour moi une intuition d’universalité, où porter la vision écologique sur toute chose permet de valoriser une économie du « care » (= la responsabilité du soin en français), où le soin de nos responsabilités permet de prendre soin de tout, des autres comme de nous-mêmes, et que c’est seulement ainsi que nous pourrons mener une vie digne, riche et saine.

Cependant, dans ma vie personnelle, ce principe est une conviction qui me dirige, elle fait battre mon cœur, elle guide la personne que je suis, et je la porte avec fierté. Je suis égoïstement altruiste, car j’ai la conviction que je serai plus heureux dans un monde où les autres sont plus heureux, et je pense ainsi vivre et mourir plus heureux que celui qui, égoïstement égoïste, ne fait pas du bonheur des autres son propre bonheur. Mes intérêts sont alors, de mon avis, mieux servis que les siens. Suis-je alors plus égoïste que lui puisque je sers plus mes intérêts qu’il ne sert les siens? Peut-être; mais cela ne fait pas de lui un altruiste pour autant.

PHILOSOPHIE, CULTURE, LITTÉRATURE

Philosophie pratique : Comment peut-elle changer votre vie et celle des autres ?

Depuis le début de l’année, j’ai essentiellement lu des auteurs de philosophie politique (Aristote, Locke, Hobbes, …).

Ces lectures m’ont notamment appris comment se construisent les pensées politiques, et en particulier la place qu’y occupe les croyances sur la nature de l’Homme, de cette croyance découlant la nécessité d’une certaine forme de gouvernement, et de cette forme de gouvernement la philosophie politique qui permet la constitution et le maintien du contrat social.

Sans répéter ce qui a été dit ci-dessus concernant le rapport entre la construction de la pensée et la mise en action des individus, il me semble ici qu’il convient d’aborder pourquoi l’idée d’une philosophie pratique, qui s’opposerait pragmatiquement à l’inutilité absconse de la philosophie théorique, est en soi une idée fausse et dangereuse.

Aujourd’hui, la philosophie pratique a tendance à être une philosophie qui s’excuse d’être de la philosophie, discipline qui serait, par nature ; trop abstraite, trop générale et donc trop improductive pour que les individus s’y intéressent et y trouvent de l’intérêt dans leur « vie réelle ».

A partir de cette conception, malheureusement, la philosophie pratique se construit autour de conseils pratiques, de trucs et astuces de la vie de tous les jours, de tranches de vie que l’on consomme entre deux tranches de rôti de porc. Le développement personnel, comme institution non réglementée en est l’exemple le plus criant, puisqu’elle est un révélateur de la dominance de l’individualisme philosophique, par réactance contre les philosophies traditionnelles, par la simplification axiologique du discours philosophique, pour soi-disant la démocratiser alors que bien souvent elle ne démocratise que son appauvrissement.

En effet, aujourd’hui, comme pour les religions, chacun y va de sa petite philosophie, à la carte.

Chacun pense avoir SA philosophie, une toute simple qui leur permet de vivre heureux et de bien se comporter, celle « qui ne s’apprend pas dans les livres » sauf dans celui que l’on vous vend, une presque instinctive et personnalisée, et qui pourtant se décline presque toujours autour des mêmes principes: « travailler plus si l’on est pas satisfait de ce que l’on a », « être gentil, poli et respectueux parce que c’est pas bien d’être méchant » et de « s’occuper de ses affaires » (sa famille, son travail, …).

Pourtant, renoncer à comprendre la philosophie au-delà de son confort intellectuel personnel, c’est à coup sûr laisser les autres écrire votre philosophie, jusqu’à tel point qu’elle vous semblera naturelle, qu’il n’y a plus qu’à l’appliquer, et qu’elle n’a pas besoin d’être repensée. Méritocratie, Bienséance, Égoïsme, voilà les mantras de cette philosophie pseudo-individuelle, qui en réalité s’impose au plus grand nombre comme norme philosophique.

Ainsi, croire aux vertus de la philosophie uniquement pratique, c’est penser que la philosophie est une affaire de bons conseils et de bon sens, que les bonnes actions se comptent comme les points dans une partie de dominos, en se comparant aux autres et en cherchant à accumuler les bons points. Finalement, c’est croire que la philosophie consiste à atteindre un idéal intangible, que l’on peut atteindre en devenant un « bon élève de la vie », presque en opposition avec le « bon élève de l’école », qui lui serait un cancre de la philosophie concrète de tous les jours. (voir cette émission de France culture sur la philosophie vu comme « reine des sciences » à l’école pour prolonger le débat sur « école de la vie » VS « école de la philosophie » : https://www.franceculture.fr/emissions/la-chronique-daurelien-bellanger/la-chronique-daurelien-bellanger-chronique-du-mardi-03-novembre-2020.

La « philosophie pratique » du langage courant n’est donc PAS une application concrète de la philosophie, pas plus qu’une « philosophie vraie ».
Elle est tout au mieux une philosophie nombriliste et moralisatrice dans la pensée, médiocre et dispersée dans l’action.
Elle est pour le pire, une philosophie simpliste et minimaliste, tant dans son ambition que dans son action, car elle considère la philosophie comme un simple expédient moral ou chacun doit « faire sa part » (comme le petit colibri éteignant l’incendie en Amazonie), et donc considère la philosophie (comme science du savoir et du sens de la vie de l’homme) comme une composante supplémentaire, secondaire voire superflue de l’existence humaine.

C’est cette forme de philosophie pratique que je qualifie comme « individualisme philosophique » car c’est une vision appauvrie de la philosophie qui les conduit à cet individualisme, et non pas leur individualisme (comme conception philosophique pertinente) qui les conduit à développer une « philosophie individualiste ».
Autrement dit, c’est une anti-philosophie qui justifie un système d’actions et de croyances, où « l’individualisme » est un comportement auto-réfléchi (ou instinctif), et le « philosophique » un adjectif superfétatoire qui sert de caution au relativisme le plus crasse.

Ce relativisme n’est pas une philosophie, car il exprime une indifférence totale à l’égard de la philosophie. Car « à chacun sa philosophie » signifie que peu importe votre philosophie, cela n’a aucune importance…

Philosophie pratique de l’Augure

Au début de l’année, sur l’Augure, la question s’est posée s’agissant de la possibilité de participer à ce qui semblait être une mascarade de philosophie, dans la perspective pour générer un contenu facile à produire pour son auteur et à consommer pour son lectorat, et ce, dans un objectif de sensibilisation démago-pédago (https://formerplushaut.com/les-demago-pedagogues/) de celui qui sait face aux masses qui écoutent.
Elle ne s’est pas tant posée d’un point déontologique, puisque il était évident qu’il s’agirait là d’une initiative « machiavélique » (= de bonnes intentions justifiant de mauvaises pratiques), mais plutôt d’un point de vue de son efficacité générale en termes de vulgarisation et de portée du message philosophique.

Finalement, je peux fièrement rejeter cette éventualité tant sur le plan déontologique que pratique, et ce en gardant l’esprit et l’objectif de ce projet: Changer votre vie, c’est changer la vie, et donc aussi changer la vie des autres.
Pour cela, le sens de la philosophie pratique sur l’Augure sera celui d’une philosophie engagée dans l’action, c’est-à-dire de tirer les conclusions de la pensée philosophique d’hier et d’aujourd’hui pour savoir quoi faire des théories philosophiques.

Il s’agit, pour chaque « philosophie théorique », de proposer une étude critique et pratique de son contenu, selon le raisonnement déjà exprimé plus haut dans cet article selon lequel savoir peut être action, et qu’action peut être savoir.

« Le Théâtre et son rôle » : Pourquoi toute cette mise en scène

Ce projet vise à réfléchir sur le rôle de l’acteur, à la fois personnage et individu, sur les discours, à la fois metteurs en ordre du monde réel, et metteurs en scène de mondes d’idéaux, et le théâtre, à la fois jeu culturel et jeu politique.

Cette thématique m’intrigue et m’émeut dans mon mode de pensée et mon style d’écriture, aussi le verrez-vous parfois dissimulé, parfois affiché, dans des articles portant sur tous les sujets, où le passage de la fiction à la réalité, de l’idée au fait, permet une réflexion plus gracieuse et plus châtiée, plus créative et plus inspirante.

Elle cherche à comprendre l’absurdité du monde pour le rendre cohérent, à dire ce qu’il fait sans jamais le dire, à jouer ce qu’il dit sans jamais le faire. Le Théâtre et son rôle est pour moi une méthode de faussaire qui joue des demi-vérités pour créer du sens là où le sens vient à trahir ou à manquer. C’est la signification de « pourquoi toute cette mise en scène », pourfendeur, dévoyeur et éclaireur de la complexité du monde.

Enfin, « le théâtre et son rôle » m’interroge sur le pouvoir des mots, de l’éloquence, question selon moi indispensable pour un projet comme l’Augure qui n’est finalement, de ce que vous en voyez, qu’un blog avec des écrits en suspension. Heureusement, les Revues de l’Augure sont là pour dévoiler les coulisses de ce théâtre là, et de voir l’auteur qui se joue et qui agit derrière sa plume, que vous le lisiez ou non, qu’il publie ou non 😉

Pourquoi la littérature et les livres concernent-ils tout le monde ?

On lit, on lit, et pourtant, on agit rarement selon ce que l’on apprend quand on lit. Tel est le constat auxquels nous étions parvenus alors que je discutais avec plusieurs amis littéraires.
La littérature est aujourd’hui, ou plutôt, l’a toujours plus ou moins été, un art marginalisé, réservé à une certaine élite intellectuelle et culturelle, qui ne recoupe d’ailleurs pas toujours avec l’élite économique et politique.
Or, je pense au contraire qu’aujourd’hui, l’accès à la littérature n’a jamais été autant démocratisé, et que, derrière l’idée communément admise que « les français lisent moins », il faut en réalité simplement comprendre que les français lisent moins de livres, et pourtant, jamais les français n’ont lu sur supports, sans compter le développement massif du contenu culturel audiovisuel.

De l’évolution du caractère « intellectuel (=qui fait réfléchir) de la « littérature » (=ce que l’on peut lire) proposée, on peut discuter, cependant on peut constater que le contenu de cette littérature s’est profondément diversifié, de telle sorte qu’aujourd’hui, on peut lire facilement sur tout et n’importe quoi, et c’est pourquoi quel que soit ce qui vous intéresse, il y a aura toujours des livres écrits pour en parler.
Ici encore, comprendre ce que l’on lit est un tout autre sujet, lorsque je cherche à démontrer que la littérature et les livres nous concerne tous.

Premièrement, je veux démontrer que les livres, symbolique suprême de la culture cultivée, jouent un rôle clé dans l’institutionnalisation des pensées et des idéologies, c’est-à-dire le champ des possibles de la pensée.
Autrement, comment comprendre que la « rentrée littéraire » des candidats à la présidence de la République Française? Le livre joue ce rôle de catalyseur d’une pensée et ou d’un récit pleinement construit, qui peut par la suite être raconté de bien des façons face un public, qui, quel que soit le livre (ou presque), ne l’aura pas lu!

La connexion avec les livres, est donc encore le moyen le plus sûr et le plus authentique d’entrer en contact avec une récit et/ou une pensée brut, sans fioritures ni détournements, ni limites techniques, autre que celles du langage, auxquels nous sommes tous concernés. C’est pourquoi en définitive, pour devenir expert d’un sujet, la lecture est un passage incontournable, les scientifiques le savent, tout comme les journalistes, les intellectuels, les politiciens, en bref, tous les hommes dont le pouvoir repose sur le savoir … ou votre ignorance.

Deuxièmement, je veux démontrer que chacun peut trouver son compte dans les livres, car nous sommes tous animés de passions qui peut nous pousser à trouver une vérité qui nous transforme et nous grandit.
Cette certitude philosophique, je la tiens de l’Essai « Des livres » de Montaigne, qui démontre de sa propre expérience, mais qui nous est à tous familière, que nous avons tous des livres qui nous tombent des mains, dont on remet la lecture à plus tard, voire qu’on ne rouvre jamais, mais que nous avons également tous des livres qui nous attirent dès le titre ou la première page, et qui, une fois la lecture commencée, ne nous quittent plus jamais, de telle sorte que nous les relisons encore et encore jusqu’à les connaître sur le bout des doigts.

Montaigne nous propose une approche profane de la lecture pour tirer bénéfice des livres plus facilement: sautez des pages, faites des allers-retours entre les chapitres, ne lisez pas les livres en entier, lisez plusieurs livres en même temps, en bref, appropriez vous la lecture de telle façon à y trouver quelque chose de concret et de nouveau, ou au moins quelque divertissement.
L’avantage de cette approche profane, en plus de permettre à n’importe qui d’entrer dans la lecture, lui permet également de s’y plonger plus avant et de mieux comprendre les livres, car, comme nous l’avons vu, on ne peut jamais désapprendre totalement quelque chose que l’on a appris, or, il y a plusieurs façon d’apprendre une même chose à travers la lecture (Par exemple, on peut apprendre comment vaincre la solitude, aussi bien en lisant Robinson Crusoé de Daniel Defoe, Madame Bovary de Gustave Flaubert, Comment se faire des amis de Dale Canergie ou Psychologie de la solitude de Gérard Macqueron).

Finalement, lecteurs ou non, si je pense que tout le monde est concerné par les livres, c’est bien en ce qu’ils constituent une opportunité d’apprendre et de créer. Que l’année 2020 ai témoigné d’un dépôt de manuscrits tellement important auprès des éditeurs, que ceux-ci ont dû refuser d’en lire, faute de pouvoir les traiter et les commercialiser tous, montre cette frénésie littéraire qui peut gagner les esprits lorsqu’on leur laisse le temps de penser. Ce phénomène n’est pas récent, puisque une étude d’opinion aux États-Unis avait révélé que plus de 70% des Américains déclaraient avoir le projet d’écrire un livre avant la fin de leur vie.

Je planifie depuis un long moment d’écrire un article sur l’intérêt de la lecture, comme futur épisode de ma série Philo DéConfinée, cependant la difficulté qui était, et qui demeure, est de pouvoir écrire un article sur l’intérêt de la lecture qui ne parlent pas qu’aux littéraires, et qui par conséquent ne cherche pas qu’à prêcher des convaincus, sans pour autant y sacrifier une certaine rigueur d’analyse et de rationalité de l’argumentation, car il ne s’agit pas non plus de prendre ceux qui lisent pas ou peu comme des idiots qu’il faudrait éduquer…

Ainsi, d’ici que je me dépêtre de mes propres contradictions, je me permets de vous laissez sur ce message, en espérant qu’il puisse déjà vous convaincre:

N’ayez pas peur des livres pour ce qu’ils représentent, désirez les livres pour ce qu’ils contiennent.
Il y aura toujours des livres et des sujets auxquels vous resterez hermétiques toute votre vie, pour autant, il y aura toujours des livres qui sauront satisfaire vos intérêts.
Un livre n’est toujours que des mots écrits de la main d’un autre, et refuser de s’y confronter, c’est finalement refuser la parole d’autrui, et cultiver le mutisme et l’incompréhension, qui vous ont en premier lieu tenu à l’écart des livres.
Lisez pour vous, il n’est pas besoin de lire beaucoup pour être intelligent, pour autant tous ceux qui sont intelligents lisent! (l’inverse n’étant pas vrai, tous ceux qui lisent ne sont pas intelligents 😉 )

JEUX, FICTIONS, ÉCRITURE

Créer et publier 12 jeux de rôle (1 par mois) sur l’année 2021

Cet objectif avait notamment été fixé pour stimuler ma création de jeux de rôle, et a été pour moi un succès.
3 jeux ont été publiés (2 jeux inspirés d’Aventures, 1 système de jeu), et au moins 2 autres jeux, des créations originales cette fois, seront publiés d’ici la fin de l’année.

Un grand projet de jeu de rôle me trotte toujours dans la tête, mais je pense manquer cruellement d’expérience pour proposer quelque chose de vraiment révolutionnaire ou innovant. Par conséquent, pour le moment, je retourne mastériser et jouer!

Décrypter et créer des systèmes de jeux

J’aurais bien quelques idées, cependant je préfère utiliser ces connaissances pour créer des jeux plutôt que de vous les restituer tel quel. En attendant je vous renvoie à quelques sites qui font un excellent travail sur ces sujets tel que Gus and Co (https://gusandco.net/), PTG PTB FR (https://ptgptb.fr/) ou Cosmo Orbüs (https://cosmo-orbus.net/blog/) pour les blogs, et pour Youtube : Pilule Rouge JDR, Roliste TV, Scheddren 101, Le bon MJ, …

Faire des chroniques de jeu

Derrière ces termes flous ont mûris 3 idées:

  1. Parler de jeux-vidéos pour parler de société, culture et philosophie: J’adorerais pouvoir le faire pour certains jeux (Nier Automata, Frostpunk, Plague Inc: The Cure, …), cependant, comme je n’ai pas l’habitude d’écrire sur ces sujets, je peine encore à trouver la motivation de m’y mettre. De plus, ce type de contenu trouve tout son intérêt lorsqu’il y a une communauté large et active qui commentent et interagissent autour de l’article, puisque le jeu-vidéo se construit sur l’expérience de jeu des joueurs. Ainsi l’absence d’une telle communauté sur le blog de l’Augure justifie que je ne mette pas en œuvre cette idée sur le blog pour le moment. En revanche, je songe de plus en plus fortement à écrire un article invité sur un blog spécialisé.
  2. Écrire des chroniques inspirés des scénarios de JDR que je fais jouer à mes joueurs. Ce type de contenu risque d’arriver très prochainement sur l’Augure, ayant commencé l’écriture d’une grande campagne de Vampire Mascarade ^_^.
  3. Écrire des chroniques inspirées d’univers de jeu et de fiction: J’en ai 2 déjà écrites, je les publierai à l’occasion.

Comme vous pouvez le voir, ce projet tourne plutôt bien, mais n’est pas forcément prioritaire pour le blog actuellement.

Écrire une nouvelle d’au moins 15 pages

Ce projet est toujours d’actualité, et constituera une étape supplémentaire dans ma volonté d’écrire et de publier un livre de fiction au moins une fois dans ma vie. Y-arriverai-je? Rien n’est encore écrit 😛

Carnets de voyage

A part des idées de revues de lecture, et d’écrits d’aventures Auguresques, je n’ai encore que peu d’idées sur ce projet. Je sais juste qu’il serait très cool de faire un projet qui intègre VOS contributions, les Voyageurs =)

Conclusion

Pour ceux qui m’ont lu jusqu’ici, un grand merci à vous de m’avoir écouté jusqu’au bout, cette Revue m’a permis de mettre beaucoup de choses à plat et de vous montrer l’envers du décor de l’Augure.

C’était également l’occasion pour moi de vous témoigner ma passion pour le blog de l’Augure, même quand j’écris peu comme ce fût le cas depuis début 2021, puisqu’il fait bouillir ma vie bien au-delà des articles que j’y écris, car il met en cohérence tout mes projets et mes passions. Il est le perchoir où mes pensées reposent, tournées vers l’avenir.

Publié dansActualités du blog

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