Aller directement au contenu

Manifeste Anarch – Vampire Mascarade

Si vous n’êtes intéressé que par le texte en lui-même, utilisez le Sommaire pour aller directement à la partie « Extrait du « Manifeste Anarch » (1965) et discours prononcé par Boromir Dariescu, leader de la Révolution Anarch moderne en Pologne ».

Ce texte que j’ai écris est inspiré de la philosophie du « Mouvement Anarch » du jeu de rôle Vampire Mascarade, lui-même inspiré de l’anarchisme politique, sans pour autant en être une copie conforme (plus d’infos dans la partie « Mouvement Anarch ≠ Anarchisme politique ? »)

Préambule : Qu’est-ce que Vampire Mascarade ?

A l’origine, le texte qui suit a été écrit comme une aide de jeu pour le jeu de rôle « Vampire Mascarade, qui met en scène une société secrète de vampires aux pouvoirs surnaturels, buveurs de sang, immortels et se livrant à une lutte de pouvoir ontologique et perpétuelle (= le « Jyhad ») sous le voile de la « Mascarade », première loi des vampires qui légifère le principe selon laquelle l’existence de l’espèce des vampires doit être cachée aux humains, sous peine d’être menacée de destruction.

Dans ce monde, 3 sectes (= idéologies politiques) de vampires s’opposent :

La Camarilla est une Secte fondée par par l’association de plusieurs clans, eux-mêmes gouvernés par de vieux vampires appelés « les Anciens », qui cherche à faire respecter sur le respect de la loi, l’ordre et la tradition, et dont les piliers sont 6 lois, 6 traditions, qui ont permis durant des millénaires de faire survivre, non pas les vampires eux-mêmes, mais l’espèce des vampires, et en particulier ses plus anciens représentants.

Le Sabbat est une secte religieuse antéchristique qui pense que les vampires devront bien finir par régner sur le monde mortel plutôt que de s’en cacher, et craignent une « fin du monde » qu’ils nomment la Géhenne (= les premiers vampires sortent de leur sommeil profond pour anéantir sans distinction vampires et humains) qui signeraient également la fin de leur immortalité. Cette secte est dirigée par des gourous qui abusent de leurs pouvoirs et de leur autorité symbolique en opérant un véritable lavage de cerveaux sur les nouveaux vampire, à travers un certains nombre de rites liés aux allégeances par le sang, et de l’enracinement dans une croyance absolue et fanatique dans les dogmes qui constituent le Mythe Fondateur de l’espèce des vampires: Caïn en tuant son frère Abel a été damné par Dieu, est devenu immortel et ainsi le Premier Vampire, tous les vampires étant alors de son engeance, de son sang.

Le Mouvement Anarch, enfin, est une secte mineure, dénuée d’organisation d’ensemble, dont l’influence est limitée à quelques cités libres, dont l’application des préceptes reposent sur les idées Anarchs locales plus que sur l’autorité d’une institution Anarch.
La Camarilla considère même le Mouvement Anarch comme sa « fille rebelle », à savoir une secte subordonnée, alliée de circonstances, qui peut être tolérée tant que ses idées ne s’étendent pas à grande échelle et ne remettent pas en cause le statut quo du pouvoir et de la domination des anciens.
Comme vous le verrez dans le manifeste ci-dessous, leur credo est que le règne des anciens est un concept injuste et désuet, et que les domaines des damnés doivent être gouvernés au mérite, dans le respect de chaque caïnite.
Dans les faits, le Mouvement souhaite redistribuer le pouvoir que détient la vieille élite, à des fins d’équité.
Bien que cette idée paraisse moderne et sensée, ce n’est pas ainsi que fonctionne la société des damnés dans de nombreux domaines, d’autant que ceux qui disposent déjà d’une bonne base de pouvoir trouvent cette notion risible, quand elle ne relève tout simplement pas de la trahison.
De plus, cette Secte n’est pas homogène, et nombreuses sont les cités et les vampires, jeunes comme anciens, à ne s’en revendiquer que pour se libérer du joug de la Camarilla, et ainsi gouverner par eux-mêmes.
Pour cette raison, il est plutôt courant que les Barons (= leaders des cités Anarchs), dirigent leurs cités de façon très similaire aux Princes (= leaders des cités de la Camarilla) pour l’essentiel, ne se différenciant que par la plus liberté accordée à ses administrés et la dislocation des convenances sociales traditionnelles.
Tout cela pour dire qu’il n’y a rien d’évident à ce que les Anarchs soient plus « humains » que la Camarilla, bien que les jeunes vampires soient naturellement plus proches des humains que les Anciens.

Que vous ayez déjà joué à Vampire Mascarade ou non, si vous voulez en apprendre plus l’univers, la politique et la mythologie de Vampire Mascarade, je vous laisse quelques liens à la fin de cet article pour que vous puissiez aller creuser par vous-mêmes.
Malheureusement, on trouve assez peu de choses sur le net concernant l’univers littéraire de Vampire Mascarade (on se concentre beaucoup sur la partie jeu), ce qui est une des raisons pour laquelle j’ai décidé d’écrire cet article.

In fine, l’acquisition des livres de règles semble être le moyen le plus efficace de tout savoir de cet univers, malgré quelques tentatives d’adapter Vampire en romans ou en films (voir la page Wikipedia à ce propos).

« Mouvement Anarch ≠ Anarchisme politique ? »

J’ai écrit ce texte comme étant un extrait du « Manifeste Anarch », un ouvrage fictif qui contiendrait les principes fondateurs du « Mouvement anarch ». moderne. (post « Deuxième Révolution Anarch » dans le jeu)

Comme je l’ai évoqué précédemment, le « Mouvement Anarch » est lui-même inspiré de l’anarchisme politique. Cependant, ils ne sont pas identiques, et l’on ne peut pas transposer l’un à l’autre. Par conséquent, je voulais ici vous décrire points de convergence et de divergence entre ces deux idéologies, tant dans leur théorisation que dans leur pratique.

Sur le plan des points communs, et sans rentrer dans les détails, ces deux anarchismes partagent la revendication de la liberté et de l’autonomie des individus contre les contraintes exercées par les superstructures sociales, dont l’État fait partie.
Également, pour ces deux mouvements politiques, la préservation de la liberté de tous les individus nécessite une certaine égalité des chances et des conditions entre les individus, et un socle de valeur fortes, fondée sur l’idée fondamentale que les individus sont égaux et méritent donc a priori un égal respect (= « N’attente pas à la liberté des autres, afin que personne n’attente à ta propre liberté »).

Cependant, ces deux idéologies politiques sont différentes (après tout l’une est réelle, l’autre nourri une fiction), car le Mouvement Anarch se construit selon les codes et les enjeux politiques de l’espèce des Vampires, et non des humains !

Ils réfléchissent donc dans un cadre théorique où :

  1. Ils sont théoriquement immortels, mais pas invincibles, ce qui signifie que tous finissent par être tués à plus ou moins brève échéance (qui peut néanmoins durer des siècles voire des millénaires).
  2. Les Anciens, sont des vampires qui sont infiniment plus puissants que les jeunes vampires, pas forcément parce qu’ils sont plus riches, plus cultivés, … (bien que ce soit aussi souvent le cas), mais essentiellement parce que leurs pouvoirs surnaturels sont infiniment plus puissants.
    Par exemple, là où un jeune vampire pourra tout juste influencer mentalement une personne afin que celle-ci devienne temporairement son ami, un Ancien peut contraindre des dizaines de personnes à obéir au moindre de ses ordres.
    Sur le plan physique, un jeune vampire pourra probablement utiliser ses pouvoirs pour battre quelqu’un au bras de fer, là où un Ancien pourra carrément soulever des voitures et tordre des poutres en métal à main nue !
  3. Du fait des deux premiers points, les inégalités se perpétue et se renforcent à l’infini, et briser ce statu quo est de plus en plus difficile (selon une logique très rousseauiste telle qu’il la développe dans son Discours sur les inégalités)
  4. Les vampires sont des damnés, des créatures bannies de Dieux et conscients de représenter les ténèbres. Ils sont donc bien plus pessimistes, cyniques et désillusionnés que les humains.
    Ainsi le « vampirisme » n’existe pas du tout de la même manière que l’humanisme, car le vampire perd la noblesse sacré que les hommes attribuent à leurs semblables lorsqu’ils évoquent le concept d’humanité.
  5. La survie (ou préservation de l’immortalité) et le partage des pouvoirs, des domaines et de la Vitae (= du sang) sont les enjeux politiques principaux autour desquels se structure le Mouvement Anarch.

De ce fait, les revendications et la pratique politique du « Mouvement Anarch » diffère de l’anarchisme politique au moins sur les points suivants :

  1. Ils ne sont pas tous humanistes : La plupart d’entre eux acceptent que l’on puisse tuer des humains (comme certains d’entre nous acceptons que nous puissions tuer des animaux), cependant ils respectent les humains car ils ont conscience que tous ont été humain un jour.
  2. Ils ne sont ni solidaires, ni collectivistes : Ils n’ont pas pour objectif de rassembler les vampires autour d’une « vampirité » comme les humains autour d’une humanité. Ils veulent simplement que chacun puisse vivre sa vie d’immortel comme il l’entend. Ils sont donc plus libertariens que libertaires, à condition que les droits de propriété ne cristallisent pas une inégalité trop grande, au sens d’une inégalité qui concentrerait le pouvoir, et empêcherait alors certains d’être libres. Aussi, leur idéal n’est pas tant l’intérêt commun, que le triomphe de l’intérêt des jeunes (la majorité) contre l’intérêt des anciens (la minorité).
  3. Ils soutiennent l’existence d’une méritocratie « républicaine » ou « aristocratique » : Certains sont plus méritants que d’autres et méritent donc de gouverner, en revanche ce privilège doit être obtenu par l’effort et la compétition, et non pas par l’héritage du temps et du sang (les Anciens ont eu beaucoup plus de temps que les jeunes vampires pour bâtir leur empire, et possèdent des pouvoirs bien plus grands car leur lignée est plus proche de celle de Caïn qui est le vampire le plus puissant. En effet, le pouvoir des vampires se dilue de façon exponentielle à chaque nouvelle génération). Ainsi, seule une minorité du Mouvement Anarch défendent la démocratie participative comme forme de gouvernement politique pour la société vampirique. Aussi, ils considèrent avoir plus de droits que les humains, et ne prévoient absolument pas d’intégrer les humains à leur « anarchie ».
  4. Ils ne souhaitent pas la paix et l’harmonie : Nombreux sont les membres du « Mouvement Anarch » à être violents, revanchards, égoïstes envers leur semblables. Ainsi, contrairement à l’anarchie politique, le Mouvement Anarch supporte une certaine forme d’anomie ( = absence de loi et de norme). L’anarchisme politique aspire à une organisation libre et autonome, là où le Mouvement anarch aspire à une désorganisation libre et auto-régulée.

Ces précisions faites, libre à vous à trouver dans mon texte, davantage qu’un propos politique comme soutenance de la fiction, sans pour autant penser que ce que je revendique pour les vampires dans ce manifeste, équivaut à ce que je revendique pour nous autres humains.

Extrait du « Manifeste Anarch » (1965) et discours prononcé par Boromir Dariescu, leader de la Révolution Anarch moderne en Pologne

Que dire d’un monde dont les cadavres s’entassent et où les morts se réveillent la nuit ?
Est-ce une horreur, est-ce une folie, sommes-nous condamnés par ces âmes damnées ?
Dieu a-t-il abandonné ce monde aux ténèbres ?
Les hommes doivent-ils payer pour leur vilenie ?
Vaut-il mieux s’éteindre alors que l’avenir s’assombrit, ou vivre éternellement sous un linceul d’obscurité ?

Qui y a-t-il à désirer dans un monde qui n’a plus rien à offrir ?
Comment satisfaire encore ceux à qui on a tout donné ?
Les jeunes ont soif de sang, de vie, de plaisirs, de rêves.
Leurs anciens s’en nourrissent pour alimenter des projets qui dépassent la compréhension humaine.
Qui d’autre qu’un vieux vampire pour s’intéresser à ce que Paris soit dirigé par un Tremere plutôt qu’un Brujah ?
Qui d’autre pour tant tenir à sa vie, qui lui sacrifia tout le reste, et en particulier la vie des autres ?
De quel droit ceux qui vivent plus longtemps auraient un privilège particulier à vivre davantage ?
Car enfin comment éviter la question, de savoir si ceux qui ont survécu sont les meilleurs ou les pires d’entre nous.

Les anciens ont coutume de dire, que les humains méritent leur violence, en étant à la fois les premiers artisans et les premières victimes.
Ils considèrent alors, étant les plus vieilles créatures qui peuplent ce monde, qu’il n’est pas de leur responsabilité d’imposer des limites morales à ce monde, et qu’il leur est permit de faire tout ce qui a déjà été accompli par un humain, et même davantage tant ils sont puissants et sages, et les humains médiocres et pusillanimes.

Sommes-nous pour autant — et cela semble être perçu comme une tare dans la société vampirique alors qu’il ne s’agit que d’une façon de vivre tout aussi respectable que d’autres — d’odieux pacifistes contre nature, dès lors que nous sommes contents de sucer le sang d’animaux et de vivre loin des affaires de la ville pour conserver notre humanité ?

Nous ne sommes rien de ce pourquoi vous nous jugez, et tout cela à la fois.
Nous voulons être libres et que chacun puisse vivre selon sa propre loi, tant que cela ne pourrisse pas le cœur à vivre des autres. Et si nous consentons, bien souvent agréablement, que nous soyons aussi vampires que vous l’êtes, et donc vos égaux, au moins nous rappelons nous que nous avons été humains, et ainsi nous gardons une considération toute particulière pour cette lignée dont nous sommes tous l’engeance, Caïn lui-même ayant été humain. Mettez-vous ça dans le crâne, Anciens, personne ne naît vampire !

A ce titre, nous nous opposons férocement au Sabbat, car nombre d’entre nous, y compris parmi les plus érudits, rejetons l’idée que nous soyons la créature de quelque sombre Dieu, et que même si cela était le cas, elle ne donnerait aucun droit au vampire de considérer l’homme comme du bétail, de la même façon que l’homme considère les animaux comme le sien, au prétexte qu’il serait à l’image de Dieu.

Avec la Camarilla, nos différents sont différents : bien souvent nous respectons leurs lois, et en particulier la première qui est la plus vitale, en revanche, de la même façon que nos homologues humains, nous avons la conviction que les droits de propriété des domaines, et les conceptions malthusiennes remontant au temps des Mathusalem qui leur sous-tendent, doivent être abolies non seulement au nom de la justice, mais aussi et peut-être surtout parce que le privilège démesurés des premiers éveillés qui sont par ce système également les premiers servis, sont le catalyseur de toutes les luttes de pouvoir qui opposeront les jeunes aux anciens, et qui justifie que l’on s’entretue tant.
Ce qu’ils ont reçu en héritage de leur éternité, s’ils devaient le diviser en autant de parts qu’il engendre de morts désormais vivants, nul doute que les anciens cesseraient de considérer leurs progénitures, comme autant d’outils et de faire valoir de leur lignée.

De ce gouvernement domestique antique, fondé sur la dialectique du maître de l’esclave, régi par les liens du sang qui régissent les relations de père à fils, il est temps de s’en défaire et de le substituer à une forme de gouvernement à la hauteur de ce qu’est devenue la société vampirique, à savoir un gouvernement politique.

Car comment expliquer aux 3 dernières générations de Vampires, qu’ils représentent plus de 85% de la population vampirique, mais ne contrôlent que 15% des domaines, charogne que les anciens ont bien voulu leur laisser ; sans que ceux-ci ne nourrissent quelque ressentiment voire quelque haine à l’égard de quelques vieillards avec lesquels ils ne partagent rien d’autre en commun que leur sang ?

Nombreux diront que cette hiérarchie, se justifie du fait que les anciens sont bien plus puissants que ce qu’un nouveau-né peut concevoir, lui-même étant encore incapable de contrôler correctement ses maigres pouvoirs.
Selon ce raisonnement, le pouvoir apportant toujours plus de pouvoir, alors les puissants ont dominé et domineront toujours, jusqu’à leur mort, ou la nôtre !

S’il ne s’agissait que d’obéir, et d’accepter la place qui est la sienne, déjà bien content que nous sommes de nous être vu octroyer une fraction de leur pouvoir et surtout l’immortalité, certains d’entre nous, peut-être une majorité, seraient encore capable de l’accepter.
Bien entendu, vos convoitises ne sauraient se borner à un tel statut quo.
Ainsi vous n’avez aucun scrupule à nous entraîner dans vos intrigues politiques dont nous n’avons que faire et qui d’ailleurs nous dépassent et bien souvent nous enterrent.
Et le seul moyen, semblerait-il, de reconquérir la liberté que nous avions de notre temps humain, est de courber l’échine devant vous encore et encore, vous embarrasser de 1000 flatteries dont vous connaissez l’hypocrisie, et qui devront pourtant paraître sincères, et enfin accomplir pour vous toute la basse besogne, toutes les missions dangereuses, vos expérimentations, vos caprices et vos malices.
Et encore, peut-être pourrions-nous espérer être rétribués à notre juste valeur pour les efforts que nous fournissons, et là encore nous sommes toujours déçus, car la seule monnaie acceptable et acceptée dans notre monde sont les promesses, et qui comme chez les humains, ne semble engager que ceux qui les respectent ou y sont contraints.
En effet, que valent vos promesses si ce n’est celle de pouvoir chasser dans la paix, et de profiter plus longtemps de son immortalité ?
Quand l’offense à un ancien est en soi une condamnation à mort si on ne se livre pas à un autre ancien, quelles sont les promesses à tenir et comment les faire respecter ?

Comble de l’injustice est la caste des Justicars, dans laquelle, à ma connaissance, aucun vampire âgé de moins de 50 années vampiriques, et d’une génération inférieure à la 9ème, ne semble être en mesure d’y siéger.
Voici donc le soi-disant État de droit de la Camarilla, une justice par les anciens et pour les anciens, qui sont à la fois juges et bourreaux.
Cela tient bien entendu au fait, que tous ces vampires abusent de leur pouvoir dans leur intérêt personnel, remplaçant la soi-disant violence légitime de l’État, qui prononce chaque jour des « Chasse de Sang », par une violence illégitime qui ne connait que la loi du plus fort, dont la Camarilla n’est que le suppôt qui lui octroie un semblant de légitimité.

Ainsi dans l’idéal il nous semblerait à nous autres que le pouvoir des vampires devrait être aboli, et que donc, en premier lieu, l’élimination des Antédiluviens, s’ils existent, doit être une priorité, car ils sont si dangereux à la fois pour le monde des vampires et des humains. Nous voyons également d’un bon œil que le mouvement de l’Histoire soit venu à bout de l’immortalité de nombreux anciens de haute lignée, sauf dans le cas précis où il y aurait si peu d’anciens, que ceux-ci en profiteraient pour encore accroître leur pouvoir sur les autres vampires.
Malgré tout, cela sera toujours un moindre mal, car les vampires de 3e et 4e génération seront toujours infiniment plus dangereux que ceux de 5e et de 6e, qui eux même le sont beaucoup plus que ceux de 7e et de 8e génération.
Sur ce point nous ne pouvons qu’adhérer aux objectifs du Sabbat, même si nous n’en partageons pas la finalité, à savoir que quelque élite religieuse, et même plus généralement quelque élite que ce soit, profite de l’aubaine de la disparition des anciens les plus puissants, pour purement et simplement les remplacer.

Pour résumer, si nous étions au pouvoir, nous administrerions nos villes semblablement à la Camarilla, exception faite que le pouvoir des vampires s’étant équilibré, nous pourrons espérer que ces villes soient démocratiques et libres.
Et le droit principal que nous voulons reconnaître avec un niveau d’importance égale à celui de la Mascarade, est que nul vampire ne doit être l’esclave d’un autre.
Or il est évident que pour maintenir ce principe, il faudra souvent avoir recours à la violence, et même tolérer nombre de déshumanités, que le Sabbat institutionnalise sans s’en formaliser.

Cependant, notre supériorité morale sur le Sabbat et la Camarilla repose sur la liberté de tous : nous considérons que nul vampire ne doit être commandé par un plus ancien, sous prétexte que celui-ci n’est plus puissant, et de même que nul vampire ne doit commander aux humains, sous prétexte qu’il seraient plus faibles.
Ainsi, le début de la révolution Anarch, marquera tout aussi bien la fin du règne des anciens, que la fin du Jyhad dont nous avons toujours été les pions, et qui n’a jamais servi d’autre cause, que celle des immortels les plus puissants, au détriment de l’immortalité des autres.

Et dans notre lutte contre la corruption des anciens, la conviction profonde que même l’immortalité doit avoir des limites.

Extrait du « Manifeste Anarch » (1965), écrit par Boromir Dariescu, leader de la Révolution Anarch moderne en Pologne, Brujah de 10ème génération, né en 1890, transformé en 1950 et détruit en 2010 par la Toréador conservatrice Ariella Nowak, Archonte de Varsovie.

Liens pour aller plus loin :

https://whitewolf.fandom.com/wiki/Anarch

https://whitewolf.fandom.com/wiki/Anarch_Revolt

https://www.wikiwand.com/fr/Vampire_:_La_Mascarade

http://bindusara.free.fr/web/princ.html (Litanies de sang)

Publié dansEcrits libres

Soyez le premier à commenter!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut