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Revue de l’Augure – Septembre 2020

Dernière mise à jour le 22 juillet 2021

Bonjour Voyageurs,

Pour ce mois-ci, une revue qui non seulement, présentera le programme du mois, mais qui cherchera également à VOUS interpeller :

Appel à soutenir le « Manifeste d’économie pluraliste »

Appel à débattre avec virulence sur les « Questions de chance »

Également, si quelques projets sont encore trop embryonnaires pour que je vous promette quoi que ce soit, je peux cependant vous garantir que vous n’êtes pas au bout de vos surprises. =P

Mes réalisations :

Économie non-binaire :

J’ai publié la 2ème partie de « Économie non-binaire » le 24 août.

Je tiens à rappeler que ce projet était très important pour moi, notamment pour démontrer que nos intuitions économiques, bien qu’elles semblent cohérentes, sont souvent juste assez éloignées de la réalité pour nous induire en erreur …

Au-delà de la question des sciences économiques, c’est l’importance de l’esprit critique que je voulais mettre en valeur, pas seulement pour discerner le vrai du faux, mais aussi pour comprendre l’état du monde ainsi que le comportement humain, afin de ne plus juger hâtivement et sans savoir du monde qui nous entoure et des individus qui y vivent.

Cela ne nous rend pas seulement plus avisés dans nos jugements, mais également plus justes. C’est pourquoi il y a sur ces questions encore beaucoup de choses à dire.

Aussi, j’aimerais revenir sur un point important de mon développement, à propos du « Manifeste pour une économie pluraliste ». Ce manifeste écrit en 2015, en réaction à la lettre de Jean Tirole (Prix Nobel d’Économie de 2014), adressée au Ministère de l’enseignement supérieur, afin de s’opposer, d’ailleurs avec succès, à un projet de réforme visant à la création d’une nouvelle section universitaire dédié à l’étude de l’économie dénommée « Économie et société », visant à promouvoir une plus grande diversité méthodologique, notamment en y intégrant de façon beaucoup plus importante les sciences humaines (sociologie, histoire, psychologie, science politique, …), trop souvent délaissées dans la section « Sciences économiques ».

Si cette réclamation peut sembler provocatrice d’un point de vue scientifique, c’est parce qu’elle cherche à répondre au malaise d’une science économique, qui, tout en prétendant traiter l’économie dans son ensemble, valorise excessivement certaines méthodologies de recherche pauvres en sciences humaines ; et, tout en prétendant être apolitique, valide la doctrine politique économique libérale alors que nombre de leurs théories ne résistent pas à l’épreuve des faits, car, malheureusement, l’étude des faits, des phénomènes et des pensées économiques du passé plus ou moins récent, ont été délaissés par la science économique lorsqu’elle est parvenue à devenir indépendante, et est donc restée le travail de l’historien ( = histoire économique), du politologue ( = économie politique) et du sociologue ( = économie relationnelle), au seul bénéfice de la statistique ( = économétrie) contribuant à faire de l’instrument de mesure mathématique du réel, l’expression totale de la réalité économique.

Au vu de sa complexité épistémique à la frontière entre science mathématique et science humaine, et de son rapport si étroit avec la politique, il est anormal, voire dangereux que l’étude de l’économie dans toute sa complexité tiennent en une seule section universitaire***.

***Au risque de me faire des ennemis, la science de la gestion et du management n’est pas à proprement une partie de la science économique : l’économie n’en est que le support principal, qui tend d’ailleurs à perdre de son importance au profit de la communication, la comptabilité, la psychologie sociale, …

Cela est d »autant plus vrai si la science économique ne parvient pas à atteindre la pluralité méthodologique nécessaire à son statut de science, car la pluralité est ce qui la sépare du dogme.

Ajoutons à cela l’uniformisation de la science économique à l’échelle internationale (au moins dans les pays de l’OCDE) tant dans la théorie que dans la pratique, et le refus de la science économique, plus que tout autre science, à s’ouvrir aux sciences qui contestent ses paradigmes (sociologie, anthropologie, histoire, …), et on tient là l’essence de la prédominance du dogme dans la science économique « orthodoxe » :

Elle souhaite que ses paradigmes ( = hypothèses de départ) soient incontestables scientifiquement et incontestés politiquement, et donc que ses fondements fassent partie d’une doxa admise sans discussion, ni scientifique (càd sur le terrain de la raison), ni politique (càd sur le terrain de la démocratie).

Cela tient probablement beaucoup à l’histoire de la science économique moderne, science récente qui a cherché à s’autonomiser des autres sciences humaines et du politique par la détermination obtuse des seuls économistes classiques, qui avaient tous pour projet de défendre une économie marchande libérée de l’intervention et des contraintes du politique et de la société, et donc un rationalisme économique « au dessus de tout », sauf du profit…

Cette tradition a été perpétuée par leurs successeurs (néo-classiques, Nouvelle École Classique, néolibéralisme, …), car ils cherchent sans cesse à retourner aux sources de cette science économique, comme si, de la même façon que certains considèrent que le capitalisme constituent la « Fin de l’Histoire », les paradigmes « classiques » ou « libéraux » constituaient un consensus final et indépassable de la science économique.

Bien entendu, il faut nuancer cette analyse, par rapport au fait que :

  1. Toutes les sciences sont influencées par la société et ne sont pas parfaitement rationnelles, et par conséquent visent toutes un idéal d’objectivité dans la méthode sans jamais pleinement y parvenir
    D’où la nécessité de développer une multitude de méthodes et de croiser les sciences pour faire progresser la science et les connaissances qu’elles produisent
  2. La science économique s’est énormément transformée et diversifiée depuis sa tentative de prise d’indépendance vis-à-vis de l’arbitraire social (qui vise à faire des choix), car c’est un processus nécessaire pour devenir une science (qui vise à produire des connaissances et une base rationnelle pour faire de meilleurs choix).
    ➔ Mais la science économique a une certaine tendance à ne s’ouvrir aux méthodes des autres sciences que pour se les approprier en un sens qui conforte ses hypothèses de départ (et la raison en est probablement profondément politique et sociale). D’ailleurs, cette critique pourraient sans doute être formulées à l’encontre des autres sciences, et en particulier les autres sciences humaines et sociales.

Mais, en définitive, ce qu’il y a de plus fascinant à propos de ce manifeste d’économie pluraliste : Pourquoi les économistes disent-ils tous la même chose ? est la façon dont il interroge et critique le fonctionnement de la recherche scientifique en économie, et de son caractère profondément politique et social, alors que l’orthodoxie économique à toujours cherché à en minimiser l’impact dans ses analyses.

Enfin, il ne faudrait pas croire que cette lutte pour une économie pluraliste soit une controverse franco-française entre les seuls économistes, au vu du large soutien qu’a reçu l’AFEP (Association Française d’Économie Politique) non seulement à l’étranger, mais aussi de chercheurs de d’autres disciplines scientifiques.

Il ne faudrait pas non plus penser que cette controverse soit uniquement théorique et universitaire, et donc de penser qu’elle n’a aucune espèce d’importance pour le grand public, et en particulier nous, les étudiants, alors que nous sommes aux premières loges de cette lutte idéologique, dont nous sommes également les premières victimes, tant la fertilité de notre socle de connaissances et de notre esprit critique, dépend de la pluralité et la rigueur des savoirs que l’on nous enseigne. C’est l’avenir même des sciences qui est en jeu !

C’est pourquoi je vous encourage, même si vous n’êtes pas étudiant en économie, à lire ce manifeste qui est toujours brûlant d’actualité à l’heure où j’écris ces lignes. Car dans cette affaire, ce n’est rien de moins que la liberté de penser, d’apprendre et d’enseigner ; qui est menacée.
(Note postérieure : Les débats de Février 2021 autour du prétendu « islamo-gauchisme » qui gangrénerait l’université et la société selon la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, est une expression concrète de cette menace.)

Lien en accès libre vers le manifeste complet : http://assoeconomiepolitique.org/wp-content/uploads/manifeste_pour_une_economie_pluraliste-AFEP.pdf

Questions de chance :

Cette série a provoqué de nombreux questionnements en moi, tant existentielles, comme vous le verrez bientôt, que pratiques, sur mon style d’écriture pour le rendre à la fois plus constant, plus acéré, plus percutant et plus spectaculaire. En bref, je me suis efforcé à produire des articles à la fois complexes et denses d’une part, compréhensibles et agréables d’autre part.

Finalement j’ai pu terminer 5 articles, plus courts que les articles de la série Philo Déconfinée, mais aussi avec un fil rouge beaucoup plus marqué.

Ainsi, je fais le pari que la façon dont j’ai découpé ces 5 articles, qui auraient dû initialement former un seul et même article de plus 10 000 mots (soit environ une 20aine de pages), vous permettra plus aisément de suivre le cheminement de ma réflexion jusqu’au bout, sans pour autant détricoter la cohérence de fond de l’ensemble.

Pour que ce pari soit un succès, il est cependant nécessaire que vous lisiez les épisodes dans l’ordre, et que vous lisiez chaque nouvel épisode éclairé de la connaissance des précédents.

Vous l’aurez compris, même si vous rejoignez cette aventure en cours de route, je vous conseille de partir épisode 0 (introduction aux notions confrontées dans cette série), ou pour le moins à épisode 1 (qui fait le pont entre l’Augure et ce projet).

Enfin, Questions de chance [QC] est une série qui se confronte à l’existence dans sa globalité : des tréfonds de l’origine jusqu’aux confins du destin, au cœur de votre intimité jusqu’aux frontières de notre Univers.

Pour se confronter à ces questions, il n’y aura malheureusement pas de chemins faciles, ni d’heureux dénouements.

Les QC sont des questions qui ne se contentent pas de susciter le débat d’idées, mais qui ont également l’impertinence de provoquer la controverse.

Je préfère l’annoncer d’emblée : les arguments que je vais avancer ne seront pas tous faciles à entendre.

Certains ébranleront vos convictions et vos croyances, d’autres susciteront votre révolte et votre indignation, ou encore votre admiration ou votre curiosité.

Et il en aurait été de même si mes prises de position intellectuelles à leurs sujets avaient été totalement différentes, soyez-en certain !

C’est pourquoi je vous invite en commentaire de ces articles à exprimer vos désaccords bien plus encore que vos accords.

Venez débattre, certes avec courtoisie et respect, mais également avec passion et détermination.

Tout cela en respectant cette règle primordiale : Ne critiquez pas les personnes, critiquez les idées !

Continuité de mes projets actuels :

Les perles de Youtube

Dans ce projet, mon objectif est de vous faire découvrir des chaînes Youtube qui m’ont beaucoup appris, et qui ont élargi mon cercle de connaissances et de compétences.

Si je me considère personnellement comme un gros consommateur de Youtube, il n’est nul besoin que vous le soyez pour vous intéresser à ce format.

Chacune des chaînes que je vous présenterai à sa propre spécialité, sa propre identité. De plus leurs compétences en termes de montage vidéo et d’écriture leur permettent à la fois d’être bons pédagogues et de proposer du contenu original, divertissant et percutant !

La plupart d’entre eux peuvent d’ailleurs être considérés comme des spécialistes et proposent des travaux de grande qualité, car (contrairement à moi), il s’agit de leur activité à temps plein.

Ainsi, si tous les contenus ne vous intéresseront pas forcément, chacun pourra y trouver son compte, en fonction de ses besoins et de ses appétences.

Philo Déconfinée

La trame générale des 2 prochains numéros ont été écrites :

Philo DéConfinée n°5 – Les livres qui servent
Philo DéConfinée n°6 – De l’Histoire et des histoires

Cependant ces articles demande beaucoup de travail de recherche et de rédaction, aussi, il est peu probable qu’ils sortent avant le mois d’octobre.

D’autres projets à venir :

Durant le mois d’août, j’ai expérimenté de nombreuses choses, peut-être que certaines de ces idées se développeront suffisamment pour de futurs articles.

Nouveaux projets, nouveaux formats :

Pas de nouveaux formats à l’annonce ce mois-ci, cependant :

A l’origine, ce blog a été fondé pour être à la fois un espace de réflexion personnel, ainsi qu’une tribune pour partager mes écrits avec un maximum de Voyageurs.

Au cours de ce mois-ci, je vais essayer de davantage m’investir dans ce second objectif, notamment en testant de nouveaux thèmes et de nouveaux formats (en privilégiant des articles indépendants aux séries), en écrivant des articles plus courts et peut-être plus en phase avec l’actualité (tout en gardant l’esprit du blog, qui est d’écrire des articles de fond intemporels qui ne sont pas prisonniers des flux d’informations).

Rythme des publications :

Ce mois-ci, je publierai en moyenne un article par semaine.

Vous pouvez d’ores et déjà noter la date du 17 septembre, date à laquelle sortira le 1er épisode de la série « Questions de chance »

Conclusion :

Depuis le 19 juin 2020, l’Augure est officiellement née ! Au cours de l’été, je me suis notamment exercé à écrire de nombreux articles sur divers sujets, mais aussi à tenir mes engagements et à faire des bilans réguliers de mon projet dans mes « Revue de l’Augure ».

Produire une « Revue de l’Augure » par mois, est aussi une façon d’établir le contact avec mes lecteurs et d’en présenter les contenus actuels et futurs. C’est donc à la fois un journal de bord et une feuille de route.

Maintenant que le blog est bien lancé et qu’on y trouve un contenu suffisamment important pour avoir de quoi penser, mon nouvel objectif est d’amener plus de monde à lire les articles que j’ai déjà écrit, ainsi que les articles que j’écrirai dans le futur.

Je vais tâcher dès ce mois-ci de trouver de nouvelles solutions pour interagir davantage avec vous tous.

A bientôt, Voyageurs !

Publié dansActualités du blog

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