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Philo Confinée n°1 : OISIVETÉ [De l’oisiveté]

Bienvenue dans ce 1er numéro de [[Philo Confinée]] où nous allons parler de l’oisiveté, autrement dit, le fait de ne rien faire.

Tout d’abord un idéal-type (= une représentation) de nos journées :

11h du matin: Vous vous réveillez péniblement et sans but précis, vous êtes fatigués sans trop savoir pourquoi.
Les plus courageux d’entre vous se sont levés à 8H20 pour suivre leur cours à 8H30 en vision-conférence, sans caméra, sans micro, et en pyjama bien entendu.
Avec un peu de chance, vous avez fait un rêve débile la nuit dernière et y penser vous occupe le reste de la matinée.

13H : Vous mangez votre déjeuner avec vos colocataires de confinement (famille, copain/copine, collocs, personne, …), vous parlez de la pluie et du beau temps, et en fonction vous dites à quel point vous êtes malheureux ou bien content d’être confiné à la maison.

18H30 : Quoi déjà ?! Il va falloir bientôt penser au dîner. Durant l’après-midi vous avez probablement glandouillé sur Internet (jeux vidéo, neurchi de memes, réseaux sociaux, Youtube, Netflix) à la recherche du fun et éventuellement un truc intéressant à faire.
Les plus déters d’entre vous font un peu de sport dans leur 12m carré, commencent la lecture du premier livre qui leur tombe sous la main, ou même se mettent à bosser leur Contrôle de Gestion ou leur Marketing en ayant l’impression que c’était l’occupation la plus productive de la journée.
Mais on va pas se mentir, la plupart du temps, si ce n’était pas dans vos habitudes quand vous n’aviez « pas le temps », ce n’est pas un peu de temps libre qui fera de vous un sportif ou un élève studieux.

20H : Vous applaudissez le personnel soignant comme chaque soir (ou pas)

21H : Vous mangez des pâtes si vous en avez encore, vous avez un peu suivi l’actualité sur le coronavirus (nombre de morts, pénurie de PQ, …) mais c’était plutôt anxiogène donc vous ne vous êtes pas attardé. Vous prononcez « Putain je m’ennuie » ou tout autre phrase du genre pour au moins la 3ème fois de la journée.

Entre 00H et 3H du matin : Après avoir fait peu ou prou la même chose que cet après-midi, si ce n’est que maintenant il fait nuit, vous allez vous couchez en vous disant que c’était quand même bien crevant cette journée.

Comme vous pouvez le constater dans cette illustration, dans laquelle je l’espère, vous vous êtes un peu retrouvés, l’oisiveté ne s’oppose pas vraiment au travail (déjà de base qui travaille à TBS ?), mais plutôt à l’occupation au sens large (loisirs, projets, discussions, …).

Le désœuvrement dont nous sommes victimes, engendre chez nous de la frustration et même parfois de la déprime lorsque l’oisiveté se répète sur une longue période.
Ce n’est pas tant que nous culpabilisons d’être improductifs, ceci nous le faisons bien assez quand nous sommes supposés être actifs, mais c’est plutôt la sensation de n’avoir plus aucun contrôle sur notre existence.
En effet, en cette période de confinement, l’oisiveté est largement voire totalement subie. Chaque jour ressemble au précédent car nous n’avons rien d’autre à faire que d’attendre que notre vie « retourne à la normale », et que notre âme n’est limitée par aucune obligation ni aucune contrainte.
Ainsi, nous n’avons presque plus besoin de prendre des décisions, pas plus que de se motiver à faire quoi que ce soit, en bref, nous sommes aussi perdus que si nous avions débarqué sur une île déserte.
Alors que nous avions tous des choses que l’on s’était promis de faire « quand on aurait le temps », devant le fait accompli, on ne sait toujours pas quoi faire, et l’on arrive même plus vraiment à se projeter dans l’avenir.
Pire encore, plus les jours passent sans que rien ne soit fait, plus il est difficile de « se remettre au travail » (de pratiquer de nouvelles occupations et de faire ce que l’on avait remis à plus tard), et moins l’on s’en sent capable.
Cependant, de nombreux auteurs, dont Montaigne, se sont montrés prolifiques justement grâce à l’oisiveté …
Sommes-nous donc condamnés à ne garder de l’oisiveté que la paresse qui nous paralyse, sans pouvoir goûter l’otium (= la paix et la tranquillité) qui nous fait grandir ?

Pour conclure, on peut se poser les questions suivantes :
« Comment faire pour dompter son oisiveté ? »
« Comment ne plus procrastiner ? »
« Comment lutter contre l’ennui ? »
« Comment se motiver à réaliser ses projets ? »

La réponse de Montaigne à cette question peut se résumer ainsi : Exprimez et mettez en forme votre oisiveté par écrit, afin d’avoir conscience qu’elle existe.

Plus d’infos dans le Commentaire – De l’oisiveté
A télécharger ici:
https://drive.google.com/drive/folders/1ilBzme5w0JtPSrql-LJgMl1-UTKBfvyb?usp=sharing

PS : Pour passer de la théorie à la pratique, je vous partage les « 8 lois du temps pour travailler efficacement » :
https://etudiant.lefigaro.fr/article/les-8-regles-des-lois-du-temps-pour-travailler-plus-efficacement_8fc151c8-6de5-11ea-916b-6184e2949cca/?utm_medium=social_lefigaro&utm_source=Facebook#Echobox=1585128971

Publié dansPhilo [Dé]Confinée - Essais, Montaigne

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